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La lumière naturelle pour l’exaltation du vivant

28 Mars 2017



Par Alain Maugard – Président de QUALIBAT


Le Bâtiment a besoin de lumière et, désormais, il peut en disposer à volonté.


La lumière naturelle : un besoin vital

La première dimension est celle de la place de la lumière naturelle. Rattachée au confort de l’individu, c’est au fond la volonté de voir pénétrer dans son lieu de vie quelque chose qui représente l’extérieur, la nature et le cosmos dans son ensemble.

Nous sommes sur un fondamental historique du bâtiment qui crée une limite entre « intérieur » et « extérieur ». Pendant longtemps le bâtiment à plutôt satisfait le bien-être par un confort intérieur protecteur et sécuritaire qui s’opposerait à l’insécurité et aux conditions difficiles climatiques extérieures. De plus, en créant une zone protégée, c’est bien naturellement le cocon intime nécessaire à l’individu qui était préservé par les limites du bâtiment.

Cependant, la technologie avançant et à partir du moment où se sont développées les possibilités de faire rentrer la lumière naturelle par les fenêtres, par le toit, par les puits de lumière naturelle, …, nous pouvions être confortables à l’intérieur au sens de la protection climatique tout en laissant pénétrer la vie extérieure au sein de notre lieu de vie.

Cette possibilité est relativement récente car rappelons-nous, pendant longtemps les bâtiments disposaient de peu de fenêtres, puis nous nous heurtions aux phénomènes physiques, ensuite de déperdition thermique des fenêtres et de l’effet paroi froide. Or, aujourd’hui les progrès sont tels que nous n’avons plus ces contraintes « thermiques » et que, de plus, nous disposons de nouvelles possibilités de rendre ces fenêtres totalement « flexibles » vis-à-vis de la lumière tout en préservant notre intimité selon nos propres souhaits. Ces technologies nouvelles permettent de rendre des vitrages totalement transparents, ou opaques, ou partiellement transparents ou translucides. C’est un arbitrage très intéressant qui autorise un confort d’une grande nouveauté. C’est également un changement profond dans l’architecture des façades qui vont devenir plus vivantes avec successivement dans le temps des parois tantôt opaques, tantôt transparentes, tantôt translucides.


lumiere-naturelle

Le plaisir de profiter du vivant : un confort exaltant


La lumière : une richesse pour les bâtiments de demain

Dès lors, l’articulation « extérieur-intérieur » peut être envisagée dans le futur tout autrement. Les parois vitrées assurent désormais, et de façon très performante, une étanchéité « extérieure-intérieure » du point de vue thermique (quand on ne le souhaite plus, on peut la supprimer en ouvrant les fenêtres) et par la lumière, assurent un continuum « extérieur-intérieur » et même une pénétration de l’extérieur dans l’intérieur et qui plus est on pourra moduler à volonté cette pénétration. C’est synonyme de vie : rythme jour-nuit, couleurs des saisons, changements de temps (ensoleillement, pluie) et mouvements extérieurs. Cette liaison au monde extérieur et en particulier à la nature et au monde du vivant, est une manière d’apporter un confort intime, un épanouissement et un bien-être supérieur, tout en préservant notre propre intimité et, le tout, en étant libre d’en profiter comme bon nous semble !

De la même manière, nous avions évoqué dans les chroniques précédentes le confort de la ventilation avec la possibilité d’ouvrir les fenêtres pour évacuer de l’humidité, des odeurs ou pour respirer simplement un air extérieur non confiné, pour se « reconnecter » à l’extérieur !

La lumière naturelle sculpte l’espace, sculpte différemment les parois lisses et rugueuses, amplifie les couleurs, et par ses variations permanentes imprime à l’intérieur des bâtiments les mouvements de la nature, donc de la vie.

Les possibilités technologiques des vitrages adaptatifs et dynamiques, de ces vitrages « intelligents » qui permettent de changer d’aspect et de fonctions, nous amène aujourd’hui à être très optimistes sur leur utilisation future. La réduction des coûts suivra comme nous le constatons lorsqu’une nouvelle technologie touche le bien-être des individus. D’autant plus que la paroi vitrée, déjà capteur solaire passif, va devenir également un générateur d’énergie électrique en incorporant des cellules photovoltaïques !

 

L’apport de la lumière artificielle à la lumière naturelle

Parce que la lumière naturelle est intermittente et changeante, il est bien utile de pouvoir compléter la lumière naturelle par une lumière artificielle pour élargir nos choix de modes de vie. Et ce, en considérant que la lumière naturelle, celle qui est une énergie gratuite et symbole du vivant, est bien la première recherchée. La lumière artificielle venant en complément comme un artifice additionné. Encore que cet artifice intègre des progrès technologiques considérables avec des variations d’intensité, des variations de rendu de couleur (l’indice IRC qui varie de 0 à 100 : la lumière naturelle étant d’un IRC de 100) et des variations de « couleur » de la lumière selon que l’on a une lumière chaude ou froide mesurée en degrés Kelvin.

Nous voyons bien qu’il peut y avoir un jeu subtil d’user de la lumière artificielle comme d’un instrument complémentaire pour jouer en quelque sorte une « mélodie » avec deux instruments. Nous pourrions  confier à la lumière naturelle la partition naturelle (juste modulée par le fait de la laisser entrer en plus ou moins grande quantité par le jeu de l’obturation des parois) et improviser, à notre guise, le complément de lumière artificielle pour laisser tantôt la lumière naturelle seule, tantôt l’hybrider et la transformer à notre guise.

Il est fort probable que dans le cahier des charges et des performances du bâtiment du futur, nous privilégierons la prise en compte de la lumière car les performances climatiques et thermiques seront largement maîtrisées et pourront aller de soi.

Nous reviendrons à l’essentiel ; la lumière, besoin vital irrémédiablement lié à notre appartenance au monde.

Avec la rencontre Bâtiment et Lumière, nous traçons, dès lors, des horizons nouveaux : ceux d’un bâtiment « dynamique », avec une enveloppe changeante dans sa modénature (ouvertures modulables) changeante dans les possibilités de produire de la chaleur ou de l’électricité (cellules photovoltaïques incorporées aux vitrages).

Nous aborderons, dans de prochaines chroniques, ce bâtiment changeant en évoquant notre capacité en tant qu’usager à pouvoir le changer. Car qui doit commander ce bâtiment changeant ? Est-ce que c’est lui-même qui change parce que nous lui avons donné des automatismes ou est-ce que c’est nous, les occupants, qui décidons de ce que nous voulons ? Est-ce ce bâtiment qui est notre esclave ou est-ce que nous sommes l’esclave de ce bâtiment ?

Là est, et sera, la question.

 

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