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Ventilation – Le confort oublié

16 Janvier 2017



Par Alain Maugard – Président de QUALIBAT


La ventilation est le parent pauvre du confort. Dans la construction neuve des logements, il n’y a pas de lot vraiment identifié ventilation et il arrive souvent que l’on choisisse les solutions les moins chères au détriment du confort et de la qualité de l’air.


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C’est aussi souvent considéré comme une variable d’ajustement de la performance thermique.

L’étanchéité à l’air étant recherchée systématiquement à des hauts niveaux de performance ; il y a là un problème sensible car il ne faudrait pas que la performance thermique se fasse au détriment de la qualité sanitaire de l’air.
La réglementation déjà très vieille concernant le renouvellement de l’air devrait être d’ailleurs réactualisée au plus vite.

Mais ce qui nous intéresse c’est le confort car la ventilation participe au confort et au bien-être dans le bâtiment.

La preuve en est que l’on parle souvent d’inconfort dû à la ventilation :

  • Les bouches d’aération de la ventilation mécanique sont souvent bouchées par les occupants ; ils ressentent l’hiver le désagrément d’un flux d’air froid, parce qu’on n’a pas pris le soin de répartir l’arrivée d’air par une multitude de sources discrètes.
  • L’été, elle apparaît parfois insuffisante car nous avons le sentiment, le ressenti d’un air insuffisamment renouvelé.
  • A la demi-saison, il y a de nombreux moments de la journée qui se prêtent à une aération importante ; on veut pouvoir ouvrir grand les fenêtres.

La ventilation peut être pourtant aussi confort :

  • Lorsque l’on décide d’enlever les odeurs, on souhaite pouvoir, pour quelques instants, renouveler l’air (en totalité) ; c’est d’ailleurs une question de culture hygiénique et de comportement particulièrement conservés par les anciennes générations.
  • Lorsqu’on veut abaisser, par exemple l’été, la température ressentie, on a envie de créer un courant d’air qui permet de gagner presque trois degrés en température ressentie. C’est une des solutions naturelle pour le confort d’été.
  • Lorsqu’on a envie de communiquer en demi-saison et en été tempéré, avec l’extérieur, on souhaite avoir de grandes fenêtres, de grandes baies totalement ouvrables pour « respirer » l’air extérieur.

A cette ventilation, qui permet d’enlever les odeurs, de créer des circulations d’air, de communiquer avec l’extérieur, s’ajoute au niveau du confort la maîtrise de l’hygrométrie de l’air.

Le taux d’humidité fait partie du confort ; ce confort se situe entre 45% et 65% et même entre 50% et 60% sachant que l’on supportera plus difficilement un taux d’humidité élevé si la température de l’air est plus élevée ; c’est ce que nous ressentons tous en période chaude où la température est plus supportable si la chaleur est « sèche ».

Nous voyons ainsi que température de l’air, humidité de l’air et « pureté » de l’air forment un cocktail qui participe du confort global.

Mais il y a aussi à prendre en considération les faits suivants ; chacun d’entre nous à sa propre vision du confort « air » qui peut être différent selon les moments de la journée, selon que l’on est immobile ou pas, selon son âge, selon la saison ; bref, il y a le besoin d’une grande variété de confort. Ce qui veut dire que l’on a besoin d’une ventilation sur mesure en fonction des pièces (donc différente d’une pièce à l’autre), différente en fonction des personnes qui occupent le bâtiment (donc réglable par chacun des occupants). Ce qui éloigne des solutions souvent pratiquées d’une ventilation non modulable.

Nous reviendrons, d’ailleurs, souvent sur cette question du confort standardisé et du confort personnalisés.

Enfin, le choix des systèmes de ventilation n’est pas neutre. Il s’offre à nous des systèmes plus ou moins complexes, plus ou moins automatisés, plus ou moins naturels ; il y a aussi des systèmes hybrides. Le plus automatisé et le moins naturel étant le système d’air climatisé. Or, dans notre culture, nous avons une attitude à nos climats généralement tempérés qui s’apparente plus au judo qu’au sumo : utiliser toutes les subtilités du climat naturel plutôt que lutter, en s’isolant, contre le climat.

La génération des bâtiments 2020 devra, à l’évidence, ouvrir un grand chapitre que l’on peut qualifier d’ingénierie de la ventilation, tournée, non seulement vers le bâtiment mais aussi, et sans doute beaucoup plus, vers l’occupant en privilégiant les solutions intelligentes qui jouent avec le climat.

Dès lors que l’on s’intéresse beaucoup plus à l’occupant, il convient sûrement de lui demander son avis, de prendre le pouls de son ressenti. Pour cela, il faut confronter une mesure objective de la température et de l’hygrométrie de l’air avec les réactions ressenties de l’individu, en fonction des espaces, des effets « parois froides, parois chaudes » ou de rayonnements de façon générale. Des expériences sont en cours. Elles devraient conduire à améliorer notre connaissance du confort, pour que offre et demande se rencontrent et enrichissent ce terrain délaissé jusqu’à maintenant.

La connaissance du confort ressenti, c’est le premier pas vers une connaissance, une évaluation du bien-être. Le bâtiment inventé et construit par l’homme a négligé jusqu’à maintenant ce pourquoi il a été conçu : notre bien-être. Il s’est intéressé, en quelque sorte, à lui-même (sa pérennité, ses performances) et a un peu oublié l’homme : c’est le sens de nos réflexions RBR 2020-2030.

Nous allons continuer cet angle de vue en abordant d’autres versants du confort et du bien-être.

 

Alain Maugard




Commentaires

  • Olivier B
    23/02/2017

    Enfin un article objectif sur l'absence de prise en compte par la RT2012, de la notion de confort hygrothermique, et les futurs constats de dégradation des conditions d'hygiène des bâtiments neufs conçus et construits sur des bases uniquement énergétiques. N'oublions jamais que le temps de séchage des bâtiments est directement proportionnel au carré de l'épaisseur des parois donnant sur l'extérieur; associé à la diminution progressive des taux de renouvellement d'air (soit la capacité à évacuer l'humidité du logement), nous construisons actuellement de véritables cocote minutes. En espérant un retour prochain à plus de pragmatisme et la prise en compte du confort d'été autre qu'un garde fou dérisoire d'une Tic qui ne sera jamais atteinte... Pour faire court, merci de cet article et son message à diffuser au plus grand nombre

  • Yann
    21/02/2017

    Effectivement, Il est surprenant de constater que ces problématiques liés au renouvellement d'air sont encore trop souvent ignorés. Combien de fois nous pouvons constater, sur le terrain, que les règles de base de la ventilation ne sont pas appliquées : - Bouches d'extraction présentes mais pas d'entrées d'air neuf, - Mise en place de Kit de VMC non homologué (caisson d'une marque, bouches et réglettes d'une autre), - Absence de réglage des différents composants du kit, comme si par magie tout se règle, - Oubli des piles dans les bouches d'extractions pour la détection de présence, - Absence de nouvelle arrivée d'air neuf lors de la pose d'un foyer bois, - Et la liste est encore longue... Nous pouvons aussi parler des conditions d'entretien des installations en fonctionnement. L' air que nous respirons est-il moins important que la qualité de ce que nous buvons ou mangeons !!! A voir l'état générale de certaines de ces dernières, je vous assure que beaucoup de nos concitoyens sont plus en danger dans leurs logements que dehors malgré la pollution annoncée. Outre le fait que le renouvellement de l'air participe à la santé et à l'hygiène de vie de chacun chez soit, on ne peux pas, pour des raisons d'économie financière, négliger la quantité et la qualité de l'air renouvelée dans nos lieux de vies. A l'origine de la RT 2000, le contrôle et la maîtrise du renouvellement de l'air faisait partie intégrante de la démarche, qu'en est-il aujourd'hui ? Existe t-il enfin des organismes de contrôles des installations réalisées, une norme concernant la maintenance et l'entretien est-elle d'actualité ? Ne faisons pas de nos habitations des sources d'intoxications vicieuses et incontrôlable ayant tout pouvoir sur notre santé. A voir ce qui se pratique encore aujourd'hui, il nous reste encore du pain sur la planche...

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