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Un peu de statistique, ça ne peut pas faire de mal !


Par Bernard Reinteau - Journaliste en Presse Bâtiment


Chaque année, l’INSEE dresse le portrait social de la France. En quelque 300 pages, ce rapport statistiques éclaire la photographie démographique et sociologique du pays. Est-ce si éloigné des problématiques de construction, d’énergie, de thermique ? Pour tous ceux qui s’intéressent de près aux modes de vie des populations pour leur proposer des services énergétiques adaptés, l’outil est incontournable. En fin d’article, nous livrons les derniers chiffres de la Fédération Française du Bâtiment sur l’activité du secteur.


Un fort ralentissement démographique depuis le milieu des années 2010

La France compte une population de 65 millions d’habitants, soit 12 millions de plus qu’en 1975.


Depuis 2014, les baby-boomers – les personnes nées entre 1946 et 1974 – entrent progressivement dans la catégorie des « deady-boomers » ; leur mortalité est élevée. Parallèlement, depuis le début des années 2010, les naissances chutent fortement et continuellement.


Cet événement démographique est lié à un double phénomène : la diminution du nombre de femmes en âge de procréer et une première maternité plus tardive (31 ans au lieu de 26 en 1975). De fait, le solde naturel d’évolution de la population s’est réduit de moitié depuis le milieu des années 2000 (118 000 en 2018 contre 280 000 en 2006).


Une augmentation de l’espérance de vie et un fort vieillissement de la population

En 2018, l’espérance de vie d’une femme est de 85,4 ans, celle d’un homme, de 79,5 ans ; en 1975, elles étaient respectivement de 76,9 ans et de 69 ans. Ce qui conduit à deux remarques : les écarts se resserrent – 8,3 ans entre femmes et hommes en 1975 et 5,9 ans en 2018, surtout depuis 1990 – et ce critère de qualité de vie commence à stagner, notamment pour les femmes depuis 2011.

Augmentation de l’espérance de vie et baisse de la natalité depuis 45 ans produisent arithmétiquement un vieillissement de la population. La pyramide des âges traduit ce fait, par son profil : hommes et femmes ensemble, les tranches d’âges de 45-70 ans sont aussi sinon plus nombreuses que celles plus jeunes.


En 45 ans, le temps de travail a baissé de 17%

Moins 350 heures par an. En 1975, la durée annuelle de travail des salariés atteignait 1 950 heures. De 5e semaine de congés en 35 heures, ce volume s’est réduit de 350 heures pour atteindre près de 1 600 heures en 2018. Un constat à relativiser, notamment pour les cadres qui se maintiennent à 1 850 h/an et dont 18% travaillent à 39 heures par semaine. Les non-salariés montrent aussi une diminution importante de leur temps de travail : 2 500 h/an en 1975 et 2 060 h/an en 2018 – la baisse a été forte depuis 2005.
À noter aussi que :
— la part des salariés dans la population active est passée de 80% en 1975 à 88% en 2018 ;
— en 2018, 18,9% des salariés sont à temps partiel, contre 6,6% en 1975 ; ce type de contrat concernait 14% des femmes salariés en 1975, 30 à 33% depuis 2000.


Plus de temps libre !

Le temps de vie – dit « physiologique » – relevé par l’Insee s’établit quotidiennement à 11 h 58 – les chiffres du rapport 2019 datent de 2010.
On note un sensible décalage de rythmes entre hommes – 11 h 49 – et femmes −12 h 09. 20 minutes, en moyenne statistique, ça fait beaucoup.
Le temps consacré au travail compte pour 40% du temps de vie : 4 h 58, en baisse ; les hommes travaillent 5 h 26 – 50 minutes de moins qu’en 1974 – et les femmes, 4 h 25 – 48 minutes de moins qu’en 1974.
Sur quelles activités se reporte cette baisse du temps de travail ? Essentiellement sur les loisirs et la sociabilité. Cette part du temps de vie s’établit à 3 h 37 et a augmenté de 40 minutes entre 1974 et 2010. Hommes et femmes capitalisent ce bénéfice, mais avec des différences très marquées. Les hommes totalisent 3 h 59 et ont grappillé 39 minutes ; les femmes accusent un retard de 40 minutes avec un cumul de 3 h 16 et un gain de 50 minutes en 45 ans.
Malgré cette hausse du temps libre, les Français sont 45% à avoir le sentiment de ne pas avoir le temps de faire des activités hors de la maison et du travail. Un taux proche de celui de 1975 : 48%.


Un niveau de vie marqué par plus d’inégalités

Les crises sociales récentes l’ont souligné : si le niveau de vie a augmenté de manière continue depuis 1975, il marque le pas depuis le début des années 2000. Il ressort aujourd’hui marqué par de fortes inégalités. Les auteurs du rapport soulignent : « À la suite de la crise économique, les années 2008‑2016 constituent une période de stagnation des niveaux de vie inédite au cours des quarante dernières années. »
Le choc de 2008 a été particulièrement violent : « Après une baisse quasi‑continue entre 1975 et le début des années 2000, les inégalités de niveau de vie après redistribution sont remontées à un niveau proche de 1990 », commentent les auteurs du rapport de l’Insee.
Ils précisent : « Tout comme les inégalités avant redistribution, les inégalités de niveau de vie après redistribution se situent en 2016 à un niveau sensiblement inférieur à celui de 1975. »
Les Français traduisent cette situation par un franc pessimisme : en 2019, 24% estiment que leur niveau de vie personnel s’est amélioré depuis 10 ans ; ils étaient 46% en 1979.


Un budget soumis aux dépenses pré-engagées

29,2% des dépenses des ménages sont composées de dépenses dites pré-engagées, essentiellement celles liées au logement. S’y ajoutent les assurances et les abonnements aux services de télévision et de télécommunications. Le budget consacré au logement, au chauffage et à l’éclairage figure en tête des dépenses ; il s’accroît régulièrement d’environ 1% par an (+1,4% en 2018).
Dans un contexte de stabilité du pouvoir d’achat, l’Insee note un ralentissement des dépenses de consommation en 2018. Par ailleurs, le taux d’épargne augmente légèrement et atteint 14,2% du revenu disponible brut.


Ménages et familles évoluent rapidement

Au 1er Janvier 2019, l’Insee recensait 29,9 millions de résidences principales en France métropolitaine. Soit autant de ménages : comment se composent-ils ?
— Les ménages comptent en moyenne 2,2 personnes ; ils rassemblaient 3,1 personnes en 1968.
— 36% des ménages sont constitués d’une seule personne ; ils regroupent 16% de la population, contre 10% en 2010.
— En trente ans, la part d’hommes et de femmes vivants en couple a baissé. Par ailleurs, sur 64,88 millions d’habitants, on compte 16% de ménages composés d’une personne (11 millions d’habitants).
— 20,6% des familles avec enfants mineurs sont monoparentales (2,9 des 11,2 millions de familles avec enfants mineurs) ; elles comptaient pour 10,6% en 1990.
58% des ménages sont propriétaires de leur résidence principale, dont 38% sont sans charges de remboursement – soit 10% de plus qu’en 1985. Un effet du vieillissement de la population.



Le logement, premier poste de dépenses

Les dépenses de logement comptent pour 26,6% des dépenses des ménages ; elles représentent 21,6% du PIB, soit 508,9 Mds€. Ce poste a continuellement augmenté depuis la fin des années 80, date à laquelle il n’occupait que 20% du budget.
Les ménages dépensent en moyenne 9 712 € par an pour leur résidence principale. L’Insee affine ce chiffre : le montant de dépense est de 9 575 €/an pour les locataires du parc privé, 7 441 €/an dans le parc social, et la consommation par les propriétaires occupants est calculée d’un montant de 12 717 €/an.


Les ménages propriétaires sont principalement les couples, avec et sans enfants.



 

Après la crise de 2008, l’investissement dans le neuf s’est rétabli : la croissance de l’entretien-amélioration se poursuit, mais à un rythme plus faible que les décennies précédentes.



400 000 logements neufs en 2020

Les services économiques de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) ont conclu début Décembre à une hausse d’activité du secteur du bâtiment de 1,2% en 2019, soit pratiquement la même tendance qu’en 2018 (+1,3%). Ce maintien d’activité tient à la bonne santé de la construction de bâtiments non résidentiels qui enregistre un saut de +5,1%. Les mises en chantier de logements se sont repliées à 408 000 unités en 2019 contre 417 000 en 2018. Ce du fait de la construction de logements collectifs (-4,1%) alors que l’individuel reste étal (+0,3%). Le logement neuf a connu en 2019 une progression de 0,8%.
Quant à l’entretien-amélioration – la rénovation – il n’enregistre aucune progression à travers le résultat de 0,2% en 2019 ; ce chiffre compile celui du logement, à 0%, et celui du non-résidentiel, à +0,7%.
D’ores et déjà, la FFB dessine le profil de l’année 2020. Les mises en chantier de logements neufs devraient reculer à 400 000 unités (-2%) : +2,8% pour les constructions neuves individuelles, et -5,7% en collectif.
La FFB transforme ces données en une prévision de -1% de baisse d’activités en logement neuf sur 2020, soit +2,3% dans l’individuel et -4,6% en collectif. L’amélioration-entretien se maintiendra à +0,9% et le non résidentiel progressera de +2,8%.
L’activité bâtiment devrait globalement évoluer de 0,8% en 2020. Ce chiffre cache en réalité une situation tendue : les entreprises de plus de 10 salariés déclarent des carnets de commandes à 8 mois, et les artisans, à 4 mois.



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