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Retour à Chicago ...

12 Mars 2012

J’ai, Jeudi dernier, indiqué le caractère désormais « officiel » du smartgrid américain : il nous reste à en poursuivre l’analyse sur les points essentiels.

Comment le système américain peut-il évoluer ?

    C’est un domaine où il faut parler d’objets « intelligents », une évolution qui est déjà un sujet de développement dans certaines industries. Un bâtiment, par exemple, peut être conçu comme un ensemble d’objets intelligents (inutile d’en ajouter pour le spectacle). S’ils sont intelligents ils sauront réagir à l’environnement et aux autres objets intelligents. Ils sauront adresser les messages essentiels en cas de besoin. Ils sauront bien entendu communiquer avec les outils dont nous avons parlé, par exemple des smartphones pour déclencher la mise en marche ou pour connaître l’état actuel de telle ou telle partie de l’installation. Ericsson prévoyait récemment un parc mondial de 50 milliards d’équipements connectés à Internet : notre marge est donc considérable. Ceci dit, dans les récentes expositions je ne vois pas trace des objets intelligents, je ne vois que des objets communicants. C’était, en tous cas, la situation à l’exposition de Chicago.

Que voulez-vous dire par là ?

    Prenons l’exemple français où notre distributeur d’électricité parle de réseau intelligent. En fait tout est basé sur l’utilisation d’un compteur fâcheusement dit intelligent, le fameux Linky. En fait il s’agit d’un « compteur communiquant », et absolument pas d’un compteur intelligent. Son rôle est surtout, pour le gestionnaire de réseau électrique, de savoir comment fonctionnent les ensembles périphériques. Pour des raisons qui m’échappent on a assisté à une comédie regrettable lors des essais préliminaires du Linky (en Touraine), certains organismes officiels parlant de 10% d’économies, d’autres même de 15%, rien que par la pose du compteur. C’est supposer que l’utilisateur final va, toutes les cinq minutes, voir au compteur ce qu’il consomme afin d’optimiser sa gestion. Une démarche qui, manifestement, ne peut pas durer très longtemps et n’a pas du tout d’ailleurs, en France, les effets annoncés. Un constructeur du Linky (Landis et Gyr) indique d’ailleurs qu’au bout d’un an il n’y a pratiquement aucune économie perceptible.

Est-ce une démonstration de l’inefficacité des dispositifs dits « intelligents » ?

    C’est seulement une utilisation abusive – de plus en plus fréquente – du qualificatif « intelligent ». Prenez l’exemple du chauffage électrique qualifié de ce terme « intelligent ». Il s’agit de convecteurs électriques équipés d’un détecteur d’absence (ou « détecteur de présence » selon les goûts), d’un détecteur d’ouverture de fenêtre, d’un indicateur de consommation, etc ..., le tout éventuellement groupé sous un même module électronique avec affichage. Si le détecteur d’absence peut être valablement qualifié d’intelligent, le détecteur d’ouverture de fenêtre (avec liaison électrique à l’objet en cause) relève de la régulation, et l’indicateur de consommation du comptage. A mon avis il est très regrettable d’utiliser le terme « intelligent » à toute occasion : il faut le réserver à des dispositifs ou des objets qui le méritent, sinon nous risquons d’occulter les progrès à venir.

Roger CADIERGUES


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