Chargement...

Création d'un pôle énergétique enterré au sein d'une abbaye

Par Renaud Bonnel - Gérant de l'entreprise Bonnel

La construction d'un pôle énergétique au cœur de l'abbaye royale de Fontevraud (Maine-et-Loire), classée monument historique, a été l'occasion pour l'édifice de faire un bond technologique et d'entrer dans le 21ème siècle. La chaufferie bois, enterrée, et les locaux techniques attenants ont été conçus et réalisés par un groupement de PME.


La célèbre abbaye des Pays de la Loire, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco,
inaugure un pôle énergétique innovant et prépare l’ouverture d’un hôtel 4* avec installations numériques.

Ce projet de conception réalisation et exploitation a été réalisé en groupement avec l’entreprise Bonnel dont le mandataire et pilote de l’opération était l’entreprise Hervé Thermique. De plus, plusieurs filiale du groupes HERVE ont travaillées sur le projet PR2I, CEL, Hervé consultant, MATIVI Val De Loire, Tolerie Industrielle.

Intégrer le développement durable au site de l'abbaye

Le projet devait répondre aux demandes du programme de conversion énergétique du programme "Fontevraud, cité durable", impliquant une division par deux de la consommation par rapport au niveau de 2011 et une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre. Le recours aux EnR était donc indispensable, tout en prenant en compte l'intégration paysagère du bâtiment, essentielle dans le site classé au niveau national, mais également au Patrimoine mondial de l'Unesco. "C'était un défi majeur, il n'y avait pas eu de construction neuve à Fontevraud depuis 1930", nous explique Renaud Bonnel.

Les contraintes liées au site

Les étapes de déblaiement et de réalisation des fondations ont été particulièrement délicates, en raison de la nature historique du site, interdisant le recours à des fondations profondes de type pieux, et de la nature hydrographique du terrain, entouré de nombreuses sources. "Les services archéologiques ont imposé une limite de côte de 6 mètres d'excavation, d'où le choix du radier", précise le gérant de l'entreprise Bonnel.

S'ajoutaient des contraintes d'exploitation du bâtiment, en relation avec la chaufferie M. Bonnel ajoute : "Pour l'évacuation des fumées, il était hors de question d'installer une grande cheminée inox. Elles sont donc dirigées vers des filtres à particules en céramique avant d'être orientées vers une petite cheminée d'un bâtiment existant qui a été entièrement déconstruit et reconstruit, pierre par pierre". De quoi donner du travail aux spécialistes de ce matériau employés par la PME.

Autre contrainte, le délai de livraison afin d'assurer l'approvisionnement énergétique du site alors que les travaux avaient lieu dans un site encombré, recevant plus de 170 000 visiteurs par an, posant des problèmes pour les livraisons par camion. Le chantier a donc été mené tambour battant, en 12 mois.

Outre ces équipements de chauffage, de deux fois 500 kW, le bâtiment accueille également des espaces de stockage utiles à l'abbaye, des bureaux pour les services techniques, une zone dédiée à la gestion technique d'un hôtel installé dans le prieuré Saint-Lazare et une installation de valorisation des déchets. Le pôle dispose d'un système de récupération des eaux de pluie pour les réutiliser. Et la terrasse végétalisée sert de plateau scénique ou de gradin pour les animations organisées. D'où la nécessité d'installer des arrivées d'énergie.

Les murs de soutènement de 30 cm d'épaisseur ont été montés sur plus de 6 mètres de hauteur. Ils reposent sur un radier, également de 30 cm d'épaisseur, pour répondre aux contraintes du sol (G12). Le gros œuvre de maçonnerie a totalisé 7 400 heures de travail. Le radier, à lui seul, a nécessité 470 m³ de béton armé, mis en œuvre grâce à deux pompes à béton et plus de 75 camions toupies.


Coursive : les liernes de renvois d'effort entre le mur de soutènement (à droite)
et la structure centrale (à gauche). On aperçoit les ouvertures des futurs bureaux.


Les voiles intérieurs sont en cours d'achèvement, permettant le début
de pose du plancher hautqui formera une terrasse végétalisée.

Equipements de chauffage







La chaufferie

Les deux chaudières bois de 500 kW sont alimentées par des ressources locales par des camions (20 rotations annuelles) en provenance de l'unité Anjou Bois Energie, située à 27 km.

Schéma de principe de la chaufferie bois



Cliquez pour accéder au PDF

Les deux chaudières fonctionnent en cascade.
L’alimentation du bois se fait par une vis sans fin.
La bâche permet d’avoir un stockage suffisant pour les pics de besoin en ECS évitant ainsi l’utilisation d’une autre source d’énergie que le bois pour la production.








Les panneaux photovoltaïques

La rue de desserte entourant le bâtiment enterré est recouverte de panneaux vitrés photovoltaïques qui permettent un éclairage de second jour tout en assurant l'autonomie énergétique de fonctionnement du bâtiment.

Une intégration discrète respectant le site

La toiture a été garnie de 40 cm de terre végétale engazonnée. Elle a été conçue pour supporter la charge d'un plateau scénique (500 kg/m²).


La chaufferie fonctionne à présent depuis 2 ans et environ 300 tonnes de granulés bois sont consommées par an.

Le temps de retour sur investissement est évalué à 6 ans.

Les acteurs du projet

Maître d'ouvrage :
Région Pays de la Loire et cabinet Grémont (architecte du patrimoine)

CVC et Elec :
Hervé Thermique
TECNIA Ingenierie (BET)

Entreprise générale :
Bonnel (maçonnerie)

Architecte :
Cabinet Gremont

BET biomasse :
CEBI

BET structure :
EVEN structures

Les chiffres clés


Surface : 2.300 m²

Chaufferie : 2 x 500 kW

Coût total : 5,5 M€

Durée des travaux : 12 mois

2 chaudières bois de 500 kW









Par Renaud Bonnel - Gérant de l'entreprise Bonnel

SOURCES ET LIENS




Commentaires

Aucun commentaire actuellement, soyez le premier à participer !

LAISSER UN COMMENTAIRE

ABONNEZ-VOUS !
Ce site respecte strictement la réglementation RGPD sur les données personnelles. Pour connaitre et exercer vos droits, vous pouvez consulter notre politique de confidentialité