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Qualité d’Air Intérieur : ne mélangeons pas tout

Par Yves-Alexis LEBARS - Ingénieur - Membre du comité technique de l'AICVF

Paraphrasant le Général De Gaulle, qui voyant un slogan « mort aux cons » a prononcé « vaste problème », on peut dire QAI ou Qualité d’Air Intérieur, très vaste problème !

La mauvaise qualité d’air commence à l’extérieur
La mauvaise qualité d’air commence à l’extérieur

Commençons par la qualité d’air extérieur !

Contrairement à certaines idées reçues la France possède un très bon niveau de connaissances sur la QAI (cf. les travaux de l'Université de La Rochelle, menés sous la houlette de Francis Allard)

On ne peut traiter de la QAI sans examiner la Qualité de l'Air Extérieur car c'est par lui, cet air extérieur que tout commence, et il finira après quelques transformations à l'intérieur des locaux.

L'état de l'air extérieur est soumis à beaucoup d'intervenants; le premier étant la nature; par exemple les vents transportant les poussières venant du Sahara jusqu'en Amérique du Sud, les éruptions volcaniques fournissant des cendres et des gaz nocifs, les incendies, les pollens émis par la flore.

Le second qui s'amplifie est conditionné par l'activité humaine des domaines de l'industrie, fumées, rejets des moteurs dédiés aux moyens de déplacement, l'emploi de produits chimiques volatiles qui peuvent se combiner à d'autres éléments.

Une caractéristique particulière de ces apports polluants dans l'air extérieur, est d'ignorer les frontières car soumis aux vents et à la rotation de la Terre (on ne peut pas oublier Tchernobyl, les éruptions volcaniques où le phénomène des pluies acides). Dans le domaine des polluants baladeurs, il en est un capable de faire de très gros dégâts au niveau du sol, alors qu'il est le bienvenu  dans les hautes couches de la stratosphère, c'est l'Ozone !

On comprend aisément que cela correspond également au réchauffement climatique, et que les considérations locales ne suffisent pas à traiter la question.

Venons-en maintenant à l'air intérieur

Venons-en maintenant à l'air intérieur, cet air venant avant tout de l'extérieur, doit en théorie être correctement traité, pour le moins filtré afin de limiter les effets de la pollution extérieure.

A l'intérieur des locaux la pollution significative est d'origine humaine, et de plus elle est renouvelée, que cela soit la production de CO2, du rejet de particules corporelles; où ce qui est le plus nuisible, l'introduction par les occupants de matières et de produits contenant par exemple des COV, du chlore, etc ... Mêmes certaines plantes décoratives sont des émetteurs d'allergènes. On se trouve en présence de dégagements pérennes, car les produits sont régulièrement réintroduits par les utilisateurs des lieux.

Une cause particulière de mauvaise QAI dans les locaux neufs, est leur utilisation trop rapide après travaux, sans une période de ventilation voire de sur-ventilation suffisante pour éliminer les éléments ayant servis à la construction et aux aménagements, en particulier les colles, peintures et revêtements de sol.

Filtration de l’air, tout simplement ?

Nous disposons d'outils qui permettent de traiter l'air que nous respirons dans les locaux habités, depuis les filtres particulaires jusqu'aux filtres moléculaires. Nous avons actuellement une révision des normes traitant des caractéristiques des filtres et de leur emploi (cf. la norme EN 13779, qui spécifie les performances de filtration que requiert l’installation de traitement d’air pour assurer une Qualité d’Air Intérieur. En savoir plus … http://www.camfil.fr/Technique-de-filtration/Specifications-industrielles/EN-13779 )

Il est vraisemblable que nous disposerons assez rapidement d'une norme ISO (norme internationale) pour les performances des filtres, ce qui marque un progrès important !

Ne surtout pas oublier que les filtres usagés sont eux même des déchets très polluants car ils peuvent relarguer ce qu'ils ont capturé, en particulier les filtres moléculaires saturés. L'énergie globale requise pour la création des filtres, leur utilisation et leur élimination, sera elle même source de pollution.

Il ne faut pas confondre les traitements nécessaires à l'obtention d'une bonne QAI; d'un côté pour les locaux collectifs (tertiaires, écoles ….), et de l'autre ce qui est souhaitable pour l'habitat individuel ou petit collectif; en effet les quantités d'air neuf à introduire sont très différentes, et variables suivant l'occupation des locaux, et leurs spécificités, voire mutualisés pour les bâtiments importants.

triangle QAI

Nous sommes là dans un domaine où se télescopent Normes et Réglementations. Chaque partenaire tirant à hue et à dia pour faire prévaloir ses positions et intérêts. La juxtaposition entre filtration (perte de charges réduites) et économies d’énergie devant s’ajuster. Nous vous conseillons la lecture ci-dessous du Journal de la REHVA (AICVF européenne si l’on peut dire) avec un article fort intéressant - page 5 « Good indoor environment should not be sacrificed for low energy use » ou « Un environnement sain ne doit pas être sacrifié pour répondre à des économies d’énergie ».

Il est grand temps de toiletter et simplifier les réglementations en cours et de les ramener à leur but d'origine. On ne bâtit pas un ouvrage en commençant par le haut, mais en établissant sa base.

Le glissement insidieux des règles nécessaires au tertiaire vers le domaine de l'individuel, provoque une complication coûteuse; soit disant résolue par l'emploi de matériels dispendieux, souvent sophistiqués, qui ne seront quasiment jamais ni correctement réglés ni correctement entretenus.

Regardons comment utiliser les systèmes rustiques, faciles à contrôler et à entretenir, comme l'insufflation directe d'air filtré et tempéré (Voir dans les archives du CSTB d'il y a une trentaine d'années).

Noter également qu'une thèse spécifique sera soutenue en Juillet 2014 à La Rochelle; son titre est évocateur d'une grande vérité « Etude expérimentale et numérique de performances de la ventilation mécanique par insufflation : Qualité de l'air intérieur dans les bâtiments résidentiels ».

D'autre part le prochain et 34ème congrès national de l'AICVF  le 12 Septembre prochain traitera du sujet de la QAI. Son thème : Quel air intérieur et quelles énergies ?

  Pas encore inscrit ? http://aicvf.org/blog/focus/34eme-congres-national-le-12092014-a-la-grande-motte

Par Yves-Alexis LEBARS
Ingénieur - Membre du comité technique de l'AICVF

Lecture recommandées

Le journal de Juin 2014 dédié à la Qualité d’Air Intérieur, document de 76 pages de la REHVA Federation of European Heating Ventilation and Air Conditioning Association (à laquelle adhère l’AICVF).

European HVAC Journal

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