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La Commission européenne privilégie la chaleur EnR, la PAC, le chauffage urbain



La Commission européenne privilégie la chaleur EnR, la PAC, le chauffage urbain

Afin de réduire la consommation européenne de combustibles fossiles et d’encourager l’usage des EnRR (énergies thermiques renouvelables ou de récupération), particulièrement dans les réseaux urbains de chaleur ou de froid, la Commission européenne vient de présenter sa première « stratégie » européenne du chauffage et du refroidissement. Parmi les objectifs de cette stratégie, qui est nettement anti-carbone, figurent la récupération de la chaleur et du froid fatals générés par l’industrie (par exemple, le froid issu des terminaux de gaz naturel liquéfié). La Commission veut aussi développer les synergies entre le réseau électrique et les réseaux urbains de chaleur ou de froid, notamment en matière de stockage thermique. Le chauffage urbain peut offrir une flexibilité au système électrique en stockant à faible coût de l'énergie, par exemple dans des réservoirs d'eau chaude ou dans le sous-sol, explique-t-on à la Commission, où on rappelle que l'électricité produite en dehors des heures de pointe peut permettre de chauffer de l'eau, qui peut être stockée dans des réservoirs « pendant plusieurs jours, voire des semaines ». La Commission souligne aussi, en ce qui concerne l’autoconsommation d’électricité solaire, que le photovoltaïque peut répondre aux pics de consommation d’électricité liés à la climatisation.

Entre autres systèmes que la Commission souhaite voir privilégiés en Europe, citons « l’électrification du chauffage » grâce aux pompes à chaleur, le solaire thermique, la géothermie, la chaleur des déchets et les piles à combustible, ainsi que la cogénération et la trigénération dont la Commission souhaite qu’elles utilisent beaucoup plus les EnRR. Elle invite aussi les Etats membres de l’Union européenne à :
- investir, dans leur lutte contre la précarité énergétique, dans les équipements de chauffage et de climatisation efficaces au plan énergétique,
- intégrer le chauffage et le refroidissement dans leurs plans nationaux relatifs au climat et à l’énergie,
- utiliser l’inspection des chaudières pour fournir aux utilisateurs des informations sur l'efficacité de leurs systèmes de chauffage et de climatisation,
- accélérer le remplacement des chaudières obsolètes à combustibles fossiles par des systèmes EnR (et, à la Commission, on rappelle à ce propos que, en Europe, près de la moitié des bâtiments disposent de chaudières individuelles installées avant 1992, « avec une efficacité de 60% ou moins », et que 22% des chaudières à gaz individuelles, 34% des chauffages à effet Joule et 47% des chaudières fioul sont « plus vieux que leur durée de vie technique »).

Par ailleurs, la Commission envisage la création de sites Web permettant de comparer les coûts et avantages respectifs des différents procédés de chauffage et de climatisation. D’autre part, elle va élaborer des règles pour l’adaptation du stockage thermique aux besoins de flexibilité et d'équilibrage des réseaux d’électricité, et ce aussi bien au niveau des bâtiments qu’en matière de chauffage urbain. La Commission va également permettre l'utilisation des fonds structurels et d'investissement ESIF pour le développement des priorités nationales ou régionales de spécialisation en matière de chauffage et de refroidissement.
Réagissant à cette stratégie HVAC de la Commission, l’association européenne EPEE des fabricants de climatiseurs et de PAC demande davantage en faveur du refroidissement qui, juge-t-elle, apparaît « beaucoup comme un partenaire mineur » dans la stratégie de la Commission. L’EPEE veut que le chauffage et refroidissement soient traités par la Commission « sur un pied d'égalité ». Pour sa part, l’association Eurogas du gaz (dont font partie Engie et Total) parle du « dédain » de la Commission à l’égard du chauffage au gaz. Et elle regrette « la nette préférence » de la Commission en faveur du chauffage urbain et des PAC électriques. Nous croyons qu'une plus grande variété de solutions est nécessaire pour décarboniser le secteur du chauffage, et parmi elles, figure le gaz, martèle Beate Raabe, secrétaire général d’Eurogas. Par ailleurs, plusieurs associations européennes spécialisées dans la chaleur renouvelable, dont EHPA, Egec, Estif, Aebiom et Euroheat&Power, viennent, dans un communiqué commun, de souhaiter que, dans la perspective d’une nouvelle directive européenne sur les EnR, soit développée une méthodologie pour la prise en compte du froid renouvelable, en particulier en ce qui concerne les PAC. Pour sa part, l’association européenne EHI de l’industrie du chauffage estime dans un communiqué que « la priorité immédiate » de la stratégie qui vient d’être présentée, devrait être la modernisation du parc européen d’appareils de chauffage. L’EHI juge également qu’une révision des étiquettes énergétiques des appareils de chauffage ne devrait être enclenchée que par une surpopulation de produits dans les deux premières classes de l'étiquette. Autrement, cela conduirait à un déclassement de produits efficaces, qui sont importants pour la modernisation du parc européen, ajoute l’EHI.

- EN BREF - Le marché français des groupes extérieurs DRV s’est accru de 10% l’an passé, à 17 537 unités, avec une progression de près de 30% sur les puissances inférieures à 5 CV. En unités intérieures, les cassettes progressent de 7% (à 47% du mix produit), les plafonniers de 10% (à 1%), les modules hydrauliques de 14% (avec une infime part de marché) et les muraux de 6% (à 19%), tandis que les ventes de consoles baissent de 7% (à 5%) et celles de gainables de 9% (à 28%). Au total, ce marché des unités intérieures DRV a augmenté de 2%, à 136053 unités, avec une moyenne de 7,8 unités intérieures par groupe extérieur. Lors d’une récente conférence de presse, Didier Metz (Mitsubishi Electric), président de l’association PAC&Clim’Info, a observé que les DRV avaient tendance à empiéter « un peu » sur le marché des multi-splits, mais essentiellement dans les puissances supérieures à 7 kW.

- EN BREF - L’enquête Boréal du Club de l’amélioration de l’habitat sur l’activité des entreprises du bâtiment au troisième trimestre 2015 dans le secteur de l’habitat révèle que la part des travaux de rénovation énergétique a été de 48% du montant total des travaux d’entretien / amélioration et que le «chauffage performant gagne 10 points ».


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Exemple d'un numéro de ThermPresse : ThermPresse du 25 Janvier 2016


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