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La ville BEPOS, la ville entreprise qui diminue ses impôts !

12 Novembre 2013

Par Alain Maugard – Président de QUALIBAT

Baisser nos impôts ? Rêve ou réalité ? Peut-être simplement le résultat d’un nouveau métabolisme pour la ville positive, celle qui consomme avec sobriété, qui recycle  au maximum et qui produit aussi !


Remarquons le chemin parcouru depuis le début de l’histoire du BEPOS. Le BEPOS bâtiment à énergie positive dans la suite logique du BBC qui a commencé par effacer le chauffage, pour mettre en évidence les consommations d’eau chaude sanitaire. Ensuite, ce sont les usages électriques qui ont émergé dans le bilan de consommations. En partant de la part chauffage nous sommes arrivés aux usages domestiques électriques. Si nous avions pointé du doigt les usages domestiques électriques au début, notre discours n’aurait pas été aussi crédible. C’est parce que nous avons résolu des problématiques étape par étape, selon un cheminement bien précis, que nous avons posé les bonnes questions et que nous avons progressé. Et pour le BEPOS, c’est le même cheminement qui nous a amené du BEPOS isolé vers le BEPOS collectif de l’îlot, puis vers l’échelle du quartier et jusqu’à l’échelle de  la ville enfin.


La Ville Durable et sa capacité de gouvernance

La ville positive grâce à sa gouvernance serait consommatrice certes, mais deviendrait également productrice. Nous pourrions avoir une vision partielle en disant que la ville ne « fait du positif » que sur ses bâtiments publics qui seraient construits ou transformés en BEPOS. C’est la voie la plus facile. Avec un regard plus élargi, cela peut être aussi la ville durable dans son ensemble qui gère inputs et outputs ; donc qui intègre dans sa logique positive l’ensemble de tous les bâtiments de la ville, l’organisation des transports, la logistique commerciale, le recyclage, la valorisation / incinération des déchets, la valorisation en chaleur des eaux usées, la valorisation géothermique des nappes phréatiques, la valorisation de ses ressources en général, etc, …

La récupération de chaleur fatale de data centers par exemple pour chauffer une école ; laquelle pourrait produire de l’énergie électrique toute l’année en utilisant ses toits, n’est-ce pas une idée forte économiquement viable et à portée électorale ?

Nous passons ainsi d’un mode mono fonctionnel de services séparés de la ville à une réflexion systémique et décloisonnée de la ville où l’on va trouver des synergies économiques et techniques où l’on va valoriser les idées et les innovations entrepreneuriales à cette échelle. En décloisonnant, nous optimisons le système.

La ville positive, ma petite entreprise !

Nous nous apercevons qu’en décloisonnant il y a une plus grande capacité de production d’énergie, cette énergie étant un mix d’énergies renouvelables, de chaleur fatale, de biomasse, avec une exploitation de toutes les ressources telles que déchets, géothermie des sous-sols et des nappes phréatiques.

En intégrant des transports en commun de mieux en mieux organisés à moindre coût d’infrastructure – le tout voiture ayant une limite sans doute déjà atteinte – avec par exemple la transformation peu coûteuse des chaussées en couloirs de bus, en optimisant ses infrastructures existantes, en optimisant l’autoconsommation de ses ressources énergétiques, la ville optimise son fonctionnement. Elle peut produire son énergie et optimiser ses consommations et présenter alors un solde production + récupération – consommation bien plus performant.

Alors pourquoi en considérant ce bilan ne pas assimiler la ville à une entreprise qui gère ses produits et ressources, entreprise dotée d’une gouvernance et d’un patron, son maire ; légitimement élu ?

Ainsi, l’équipe municipale avec son maire peut améliorer l’équilibre et le bilan de son « entreprise ville », c'est-à-dire les finances communales avec des recettes maximisées dues au regroupement de toutes les productions énergétiques avec une meilleure récupération de la chaleur fatale, et une meilleure utilisation des ressources locales disponibles, avec des consommations regroupées pour faciliter le lissage et limiter l’appel de puissance aux heures de pointe.

La formule « le Bepos, ma petite entreprise » devient « ma Ville, ma petite entreprise »

Ainsi, de la même façon que nous sommes arrivés à faire en sorte assez facilement que le bâtiment BEPOS produise plus qu’il ne consomme, nous pouvons imaginer mutatis mutandis partager à l’échelle collective une éthique basée sur notre intérêt à ne pas gaspiller les consommations de la ville, à utiliser ses ressources collectives et à produire économiquement sa propre énergie. Le Manager de la ville a toutes possibilités de nous engager dans cette direction.

Le même parcours, la même percée intellectuelle qui s’est effectuée à l’échelle du bâtiment pour arriver au BEPOS peut faire son chemin à l’échelle de la ville. Celle-ci dispose des deux dimensions : bâtiment et transport. Les deux étant liés conduisent à une optimisation de la mobilité, de l’organisation de la logistique et de l’implantation des bâtiments. Nous devons rechercher une plus grande proximité de services, une mixité accrue des bâtiments de nouvelles centralités qui facilitent les circulations douces.

Sommes-nous condamnés à des zonages réducteurs et à des systèmes cloisonnés isolés dans leurs fonctionnalités dépourvus de synergie entre eux et incapables de faire un « tout », un ensemble durable. La ville positive, la ville qui « gagne de l’argent », la ville qui baisse ses impôts intéressera tôt ou tard de nombreux « maires » d’agglos.

Ce qui vous attend pour la prochaine chronique ?

C’est prendre conscience que l’individu est à placer au premier rang dans la ville. Il est au centre des flux de consommations et peut baisser efficacement son empreinte écologique de par ses modes de vie, redevenir un individu « 2000 Watts » !

Nous verrons cela la prochaine fois.

Alain Maugard


Commentaires

  • Alain
    12/11/2013

    L'intention est louable, la collectivité serait elle plus dynamique que le citoyen ? A ce jour nous sommes tous des utopistes compétents mais la réalité nous oblige de constater que le prix de l'énergie électrique francaise est si bon marché, que tout investissement envers les économies d'énergie trouvera son amortissement à une date .....inconnue ! A quoi bon rêver, tout comme la domotique d'il y a 25 ans .....

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