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Bâtiment et santé : l’air et aussi l’acoustique et la lumière

27 Juin 2019

Par Bernard Reinteau - Journaliste en Presse Bâtiment


Le prochain colloque Défis Bâtiment Santé, qui se tiendra le 4 juillet à Paris, étend le concept bien au-delà de la qualité de l’air.


Quelles réflexions nouvelles et quelles innovations la septième édition des « Défis Bâtiment Santé » apportera-t-elle aux participants de ce colloque. Pour Suzanne Déoux, présidente de Bâtiment Santé Plus et créatrice de cet événement, les résultats du concours de l’innovation témoignent à eux seuls des efforts que peuvent développer les industriels pour répondre à cette préoccupation.



colloque bâtiment santé 2019

Des innovations prometteuses

Premier exemple : le Fell'Air conçu par les laboratoires Ethera. Cet indicateur de concentration d’un local en formaldéhyde constitue une véritable démonstration des capacités de la chimie et du numérique. Explications. Sur un support de la taille d’une carte postale est déposé un matériau nanoporeux qui a la propriété de pouvoir se charger en formaldéhyde. Dès qu’il est extrait de sa protection et exposé à l’air d’une pièce – salle de classe, dortoir de crèche, open-space, … –, l’opérateur le photographie avec un smartphone chargé de l’appli idoine. 24 heures plus tard, il le reprend en photo. Par analyse de la teinte du capteur, le logiciel lui indique la concentration selon trois zones définies selon les valeurs guides 2015 : zone 1, de 0 à 30 µg/m³ ; zone 2 de 30 à 100 µg/m³ ; zone 3 si plus de 100 µg/m³. On n’avait encore rien vu d’aussi simple, rapide et abordable ; une mesure revient à 5 €.

Deuxième exemple : le capteur de polluant pour les centrales de traitement d’air mis au point par Air Liquide. Cette entreprise adapte au bâtiment une technologie déjà validée dans les sous-marins et en industrie. Elle remplace les filtres en polyester ou autre matériaux fibrés par des amines solides sur de la silice amorphe et du charbon. Ils ont la propriété de retenir – on dit adsorber – pratiquement tous le spectre des pollutions intérieurs : CO2, COV, formaldéhydes et particules fines. Et fin du fin, des cycles de désorption peuvent être programmés pendant les périodes d’inoccupation pour lui maintenir sa pleine efficacité et éviter les surconsommations énergétiques. Cependant, on l’imagine, la solution devrait se révéler plutôt chère …

Ces exemples parmi tous les autres concurrents et gagnants du concours de l’innovation montrent, selon Suzanne Déoux, les améliorations enregistrées depuis le milieu des années 2000. Autre signe : « Les fournisseurs de laines minérales ont réussi à réduire les émissions de formaldéhydes, notamment en associant ce matériau avec une barrière de polyuréthane. »


Mettre à jour la réglementation obsolète sur la ventilation

L’organisatrice de l’événement s’impatiente cependant face à l’immobilisme de l’administration dans le traitement de la réglementation sur la ventilation des bâtiments. Les décrets et arrêtés du début des années 80 avait été rédigés dans la foulée des premières réglementations thermiques adoptées après le choc pétrolier de 1973. Le renouvellement d’air fixé à 25 m³/h et par personne tenait compte des défauts d’étanchéité et des entrées d’air parasites … Depuis 2013 et l’application généralisée de la RT 2012, les constructions sont sensées être étanches. Certains constructeurs revendiquent même haut et fort leur savoir-faire pour aller bien au-delà de ce que demande la réglementation. Résultat : les débits ne sont plus au rendez-vous, et le remède énergétique provoque l’apparition de moisissures avec son corolaire de maladies.

« Dès 2005, j’avais participé à un groupe de travail sur ce sujet … Le rapport a été enterré. Je sais que de nombreux parlementaires sont sensibles à ce sujet, les professionnels du bâtiment en parlent, mais l’administration ne veut rien entendre », constate Suzanne Déoux. Le sujet fait aussi partie des débats sur la future réglementation environnementale ; il est aussi régulièrement soulevé par l’Agence Qualité Construction, carrefour des assureurs et de la filière bâtiment. Car, compte tenu des enjeux en termes de sinistralité et d’impacts directs sur le bâti, bien plus palpables que les problèmes de santé publique noyés dans les chiffres de la sécurité sociale, ce thème pourrait peut-être remonter rapidement à la surface des débats.


La santé, dans sa globalité

Il n’y a pas que la qualité de l’air à prendre en compte dans le bâtiment. « La santé, c’est aussi la qualité acoustique et la qualité de la lumière naturelle. » Suzanne Déoux tire l’alarme. Déjà, les coûts sociaux liés au bruit dans les bâtiments s’élèvent à 57 Mds€ par an. Et elle voit les décisions d’aménagement aller à l’encontre du bon sens comme la construction en bordures des grandes voies autoroutières selon des arguments de ressources foncières disponibles.

Autre sujet central : la prise en compte de la lumière naturelle pour améliorer le confort, respect des cycles circadiens oblige. Le prochain colloque évoquera à ce sujet la norme européenne EN 17 037 sur la lumière naturelle. Ce texte est d’application volontaire, mais il pourrait aider les architectes à s’émanciper de la conception de bâtiments aux parois majoritairement opaques et aux menuiseries trop étroites pour conduire les rayons du soleil au fond des pièces.



→ Colloque Défis Bâtiment Santé 2019 le 4 juillet - Auditorium de la SMABTP - Paris 15 ème

Plus d'infos :

www.defisbatimentsante.fr 




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