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Congrès Fedene : les métiers de la thermique et de l’énergie en plein débat - 1/2



Par Bernard Reinteau - Journaliste en Presse Bâtiment


Réunis à Lyon fin Septembre, les syndicats de la Fedene ont mis sur la table leurs sujets stratégiques. Quelles opportunités offrent la transition énergétique ? Comment relancer les activités liées à la chaleur ? Comment attirer de nouveaux talents ?


Le congrès de la Fedene qui s’est tenu à Lyon fin Septembre présentait un programme de table ronde centré sur les politiques énergétiques, l’état des lieux de l’emploi dans les secteurs de l’environnement et de l’énergie, et les innovations techniques.


2019, année décisive, souligne Pascal Roger, le président de la Fedene, en ouverture du congrès annuel de la fédération des sept syndicats des services énergétiques et environnementaux (SVDU, Synasav, Sypemi, SNEC, Sypim, SN2E et SNCU, à consulter sur le site de la Fedene) qui s’est tenu à Lyon, fin Septembre. Selon lui, le contexte professionnel a été marqué par trois moments forts :

- la poursuite de la stratégie nationale bas carbone avec un recalage du projet en Décembre 2018 - Stratégie Nationale Bas-Carbone,
- la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en Janvier dernier - Energie (PPE),
- et le grand débat lancée quelques mois après le commencement des manifestations des gilets jaunes. La Fedene, rappelle Pascal Roger, y a contribué en produisant onze fiches de synthèses - Le grand débat
Précédemment, en Octobre 2017, la fédération avait déjà produit un cahier de « propositions en faveur de la transition énergétique » : Les propositions


Pascal Roger, président de la Fedene : « La fédération est aujourd’hui écoutée par les cabinets et les directions du ministère de la Transition énergétique et de Bercy. »


Revenant sur la PPE, il retient que le texte diffusé en Février 2019 est très « électricité et isolation ». Il pointe en particulier le « décalage » entre les aides aux énergies renouvelables et le Fonds Chaleur. Avec environ 300 M€ par an d’ici 2028, le Fonds Chaleur s’établit à 3 Mds€ sur cette période quand l’addition des aides aux énergies renouvelables électriques (éolien, photovoltaïque, bioénergie, géothermie, …) atteint 95 Mds€ !
Pour les membres de la Fedene, il est clair que le gel de la politique fiscale sur le carbone couplé à la volonté politique de baisse de consommation des énergies fossiles favorise l’électricité. Une option qualifiée de dogmatique qui se répète aussi dans la future réglementation environnementale 2020 applicable à la construction neuve.

Pascal Roger formule quelques propositions. Pour ce qui concerne la chaleur, il souhaite voir la biomasse et les pompes à chaleur géothermiques mieux aidées ; à ce titre, le blocage de la taxe carbone à la suite du mouvement des gilets jaunes a pratiquement stoppé le développement des réseaux de chaleur. Des discussions ont cependant lieu depuis Mars dernier au ministère de la Transition écologique dans le cadre d’un groupe de travail mis sur pied par Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’État.

En revanche, Pascal Roger se montre clairement très peu favorable aux petites pompes à chaleur dont 90% utilisent des fluides HFC très impactants en termes d’effet de serre et qui s’avèrent d’un faible rendement en hiver.

* La Fedene, interlocuteur reconnu

Porte-parole d’un secteur professionnel centré sur ces problématiques, la Fedene formule des préconisations. En particulier, travailler le secteur du bâtiment sur la base de l’étiquette énergétique des constructions, organiser les travaux par étapes, exploiter les outils d’intervention tels que les contrats de performance énergétique (CPE) en utilisant les ressources offertes par les certificats d’économie d’énergie (CEE) – en militant d’ailleurs pour établir la valeur du kWh cumac au minimum à 9 €.

Cette fédération centrée sur ses grands marchés thermiques et énergétiques – à l’exception du Synasav, aussi composé de petites et moyennes entreprises de maintenance des installations de chauffage collectives et domestiques – prend désormais ses marques en dehors de son périmètre traditionnel.

Pascal Roger confirme les discussions avec d’autres syndicats, comme le Snefcca, composé d’entreprises spécialistes du froid et des grandes cuisines. Il développe des débats sur les technologies de pointe : le Sypim travaille sur les données numériques afin d’améliorer le service aux clients et s’investit dans les démarches de « Bim for Value » (B4V) qui associe la gestion globale des chantiers et de l’exploitation des bâtiments et l’amélioration de leurs performances thermiques.

En matière sociale, la Fedene réfléchit à l’établissement d’une formule de contrat à durée indéterminée d’opération.

Son Club Bioénergie réfléchit à l’exploitation de l’énergie hydrogène.

Surtout, la fédération se dit satisfaite de son travail de légitimation sur le terrain qui la conduit aujourd’hui à être reçue et entendue par les pouvoirs publics – cabinets ministériels et administration – les commissions parlementaires et des associations désormais influentes telles que Équilibre des Énergies (Eden). Cette démarche est renforcée par sa participation aux schémas régionaux Énergie-Climat. Pascal Roger promet, à ce sujet, des annonces pour la fin d’année.

* Quelles opportunités pour les métiers de la Fedene ?

Pour Olivier Salvat, de l’entreprise Dalkia et président du SNEC (syndicat des exploitants des installations climatique), la parution du décret du 23 Juillet dernier sur les obligations de réduction de consommation dans le secteur tertiaire arrive à point nommé. Cette mesure de rénovation drastique des bâtiments tertiaires figurait dans la loi de transition énergétique de mi-Août 2015 et se faisait attendre. L’objectif est de réduire la demande du parc existant de 60% en 2050 ; à noter que le calendrier indique des réductions de consommations dès 2021. Pour les professionnels de ce secteur, les premiers chantiers porteront sur l’établissement du point de référence des consommations ; ensuite viendront les chantiers de renouvellement d’équipements pour tenir les obligations de réduction des consommations. Autre levier de chantiers : la loi Énergie Climat et, dès 2028, sa mesure d’obligation de travaux dans les logements dont les consommations dépassent 330 kWh/m².an.


Les responsables de filières débattent de l’actualité de leur secteur

De gauche à droite : Eric Lefiot, président du Sypemi ; Jean Roland, président du Sypim ; Olivier Salvat, président du SNEC ; Christian Cannet, vice-président du SN2E ; Guillaume Bomel, président du SVDU ; Thierry Franck de Préaumont, président du SNCU ; Patrick carré, président du Synasav ; animateur, Ghislain Eschasseriaux, délégué général de la Fedene


Pour ce qui concerne l’activité du Synasav (les services après-vente), Patrick Carré, son président, la qualifie de préoccupante. En cause, la réglementation environnementale pour les constructions neuves – la RE 2020 – et la programmation pluriannuelle de l’énergie – PPE. « La moitié de la PPE porte sur les pompes à chaleur alors que les installations nucléaires sont en fin de vie, que les industriels et les installateurs ont dû se remettre en question avec la fourniture d’équipements répondant aux directives ERP (Energy related products, dite aussi directive éco-conception), et qu’il faudra certainement, lors des pics de froid, acheter une électricité carbonée aux pays voisins. » Il milite donc pour un mix énergétique gaz et électricité plus équilibré. Il souligne aussi les progrès menés récemment pour verdir le gaz, allusion à la production de biogaz à partir de déchets agricoles, et développer l’hydrogène issu des installations « power to gas » qui sera injecté dans les réseaux.

À noter que la PPE fixe d’ores et déjà des objectifs d’utilisation de l’hydrogène en industrie, et demande aux gestionnaires d’infrastructures d’étudier son incorporation dans les réseaux de gaz naturel ainsi que dans les stockages souterrains, en mélange avec du méthane ou seul.

Par ailleurs, Patrick Carré relève le cas des chaudières fioul – le parc s’élève actuellement à un million d’unités – dont les annonces d’interdiction en 2028 ont fait immédiatement chuter les ventes. Les usagers font quasi unanimement de choix de pompes à chaleur, ce qu’il qualifie de catastrophe.

* Relancer l’investissement dans les réseaux de chaleur

Président du SNCU (syndicat des exploitants de réseaux de chaleur) et président d’Idex, Thierry Franck de Préaumont souligne que depuis 2018, la dynamique d’investissement sur les réseaux de chaleur est arrêtée. « Pourtant, argumente-t-il, en France, la chaleur représente la moitié de la demande d’énergie. » À la faveur des prochaines élections municipales, il demande, aux élus une ambition et, aux pouvoirs publics une sécurité d’accompagnement qui aujourd’hui n’existe pas. « le paysage s’est obscurci », commente-t-il, en décrivant le « yo-yo du Fonds Chaleur et la compétition entre énergies vertes face aux énergies fossiles. Les dispositifs se complexifient et la trajectoire des prospectives s’arrête en rase campagne. » Le groupe de travail mis en place par Emmanuelle Wagron lui donne cependant quelque espoir, notamment la mesure permettant d’utiliser les CEE pour les travaux sur les réseaux de chaleur. Mais il défend d’abord l’idée d’une augmentation du Fonds Chaleur et milite pour une reprise des investissements en réseau de chaleur dès après les municipales de 2020.

Guillaume Bomel, président du SVDU (valorisation énergétique des déchets ménagers) voit d’un bon œil la PPE qui affecte d’un coefficient 5 à 6 la chaleur fatale ou de récupération d’ici 2028, qu’elle provienne des incinérateurs d’ordures ménagères, de l’industrie ou des data-centers. Actuellement, 8 TWh seraient disponibles ; leur exploitation tient aux programmes de rénovation des usines dont certaines ont plus de trente ans. Il revendique cependant quelques aménagements, par exemple le soutien à la cogénération électrique. Il souhaite aussi un changement de comportement des décideurs, car « les unités de valorisation énergétique sont des outils qui font peur ; certains plans régionaux de transition énergétique les interdisent. » Actuellement, le gisement d’ordures ménagères à recycler s’élève à 10 millions de tonnes. « Les usines peuvent les accepter, explique Guillaume Bomel. Mais il est nécessaire de modifier les arrêtés préfectoraux d’exploitation, et cela demande deux à trois ans … »

Pour leur part, les bureaux d’études en environnement du SN2E dressent un constat positif de leur environnement. « La TVA à taux réduit crée des opportunités de marchés, l’obligation de schémas directeurs pour la création de réseaux de chaleur, la réglementation sur l’audit énergétique des installations thermiques collectives des copropriétés ou la rénovation thermique sont des supports importants d’activités », reconnaît Christian Cannet, son vice-président. Mais il demande, comme ses collègues, une stabilité réglementaire sur la TVA et l’application de la taxe carbone : « Un report après 2021 nous ferait perdre 5 ans sur l’implantation des réseaux de chaleur. » Par ailleurs, pour ce qui concerne la rénovation des bâtiments, il souligne que les certificats d’économie d’énergie (C2E) et les contrats de performance énergétique (CPE) « sont insuffisamment utilisés, permettrait un important gain de temps, assureraient une massification des projets et présenteraient des résultats immédiats. »

* CPE et CEE jugés très efficaces

Olivier Salvat (SNEC) approuve aussi l’exploitation par les collectivités des CPE pour réaliser des opérations de transition énergétique : « Les contrats de performance énergétique apportent des économies réelles dans le temps, et les certificats d’économie d’énergie ne font pas appel aux moyens publics de financement des opérations. » Il relève que l’efficacité énergétique apportée par les CPE est de l’ordre de 15 à 30% selon les opérations, et que le taux de retour sur investissement varie de 6 à 12 ans. « Sur des immeubles en classe énergétique F ou G, on peut parvenir à autofinancer les travaux. » Il serait même possible d’atteindre un tiers des objectifs en matière d’efficacité énergétique des bâtiments fixée par la programmation pluriannuelle de l’énergie sans recours aux fonds publics.

Autre levier d’efficacité énergétique : l’exploitation des données (data) disponibles. Jean Roland, président du Sypim (pilotage et mesure de la performance énergétique) et directeur Stratégie et RSE (responsabilité sociale des entreprises) chez Engie Cofely, présente trois types d’actions : les remontées de données disponibles chez les bailleurs sociaux ; la gestion des chantiers en BIM et l’exploitation ultérieure des ouvrages à l’aide de ces bases de données ; enfin, développer une interopérabilité entre les données des maîtres d’ouvrage et celles des exploitants sur la base d’un cahier des charges communs. L’analyse de ces informations permettrait de discerner les actions prioritaires d’efficacité énergétique.

Des initiatives que reprend Thierry Franck de Préaumont (SNCU) pour qui l’association des données et de l’exploitation des réseaux de chaleur devrait améliorer la production d’énergie au regard de la demande et de la consommation de chaleur. Ce mode de gestion s’impose à la faveur d’évolution notables que sont les smart grids et leurs bouquets énergétiques (chaleur, froid, électricité renouvelable) et, en secon lieu, le développement du chauffage basse température. Christian Cannet (SN2E) complète ces arguments en présentant les avantages des réseaux de chaleur : la possibilité de les interconnecter au niveau d’une métropole pour partager les énergies renouvelables ou fatales, le développement des smart-cities et des smart-grids. Surtout, l’alimentation des immeubles en une opération qui permet de focaliser le travail du bureau d’études sur le réseau secondaire de distribution le plus efficace.

* La transition énergétique, affaire de moyens et de volonté politique

Pour Rémi Chabrillat, directeur Production et Énergies renouvelables à l’Ademe, les moyens de mettre en œuvre la transition énergétique sont bel et bien disponibles – il cite le CITE, l’Eco-PTZ, les budgets de l’Anah, des CEE –, et les ambitions sont manifestes, comme on peut le lire dans le décret tertiaire de fin juillet dernier. Pour sensibiliser largement des parties prenantes – copropriétaires, particuliers… - le Service public de la performance énergétique (SPPE) est doté d’un budget annuel de 200 M€. Pour ce qui concerne les réseaux de chaleur, il souligne que les quantités d’énergies renouvelables et récupérées exploitées doivent être multipliées par 5 et que le nombre de logements raccordés doit au moins doubler dans les années à venir.


Rémi Chabrillat, directeur production et énergies durables à l’Ademe : « Gardons le nez sur les compteurs : des moyens sont alloués au développement de la chaleur renouvelable, à l’efficacité énergétique et à la rénovation thermique. »


À ses côtés, Sandrine Fournis, cheffe de mission chargée des contrats de transition énergétique au cabinet d’Emmanuelle Wagron cite les sujets en débat : le relèvement des aides au forfait de 70 à 75% du montant, la possibilité de cumuler les certificats d’économie d’énergie (CEE) et le Fonds Chaleur.

À leurs côtés, deux élus, Roland Crimier, vice-président de la Métropole de Lyon, et Emmanuel Mandon, vice-président de la commission environnement de la Région Auvergne Rhône-Alpes, ont témoigné de leur démarche d’investissement.


Roland Crimier, vice-président de la Métropole de Lyon " Lyon mène actuellement 125 actions "


Il faut le souligner, après la loi Maptam de 2014 (loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles), de nombreux textes ont donné aux collectivités locales les moyens de prendre en main la transition énergétique sur les territoires. Il faut citer la loi Notre, dite de nouvelle organisation territoriale de la République, et la loi de transition énergétique – toutes deux d’Août 2015, sans oublier les dispositifs d’actions politiques tels que les Sraddet, schémas régionaux d’aménagement et de développement durable et d’égalité des territoires, et plus récemment la stratégie nationale bas-carbone ainsi que le plan climat-air-énergie territorial – d’ailleurs décliné en plans régionaux.

En outre, dès Janvier 2015 ont été lancés les contrats de transition énergétique (CTE), des initiatives permettant de montrer comment l’écologie peut devenir un moteur du développement économique. 17 sont d’ores et déjà en expérimentation et une soixantaine d’autres devraient suivre (voir le site Ministère de la transition écologique et solidaire). Près de 400 actions concrètes ont été décidées et quelque 660 M€ ont été investis. À la clé, 5 500 logements ont été rénovés, une capacité photovoltaïque de près de 135 000 MWh a été installée … et plus de 250 emplois ont été créés.

* Parier sur des actions locales et durables

Pour sa part, Roland Crimier cite les actions engagées en région lyonnaise. Il en compte aujourd’hui 125. Elles ont pour but de réduire les consommations d’énergie de 20%, d’augmenter les énergies renouvelables de 17% et de réduire les gaz à effet de serre de 43%. Ainsi, 200 000 logements seront rénovés, dont deux tiers occupés par des ménages modestes.

Emmanuel Mandon prend le relais. D’ici 2030, le réseau de chaleur urbain desservira 200 000 logements contre 70 000 actuellement. Le travail régional vise à rechercher un mix énergétique adapté à chaque territoire, à accompagner les communes dans leurs initiatives.

En matière d’énergies renouvelables, la production régionale d’électricité d’origine photovoltaïque doit être multipliée par 10 – 60 000 m² de panneaux sont déjà installés dans la « vallée de la chimie » – et la chaleur industrielle sera valorisée. À cela s’ajoute un objectif de méthanisation de 127 GWh ; les sites retenus sont les installations de traitement de déchets et les sites de Saint-Fons et Pierre-Bénite, territoires industriels locaux. Enfin, la Région Auvergne Rhône-Alpes crée un service public de la donnée énergétique : à vocation pédagogique, cette plateforme ouverte permettra aux habitants de suivre leurs consommations d’eau, de chaleur et d’électricité.

Pascal Roger, président de la Fedene, salue ces actions. « L’efficacité énergétique est quelque chose de complexe à mettre en œuvre. On le voit : on a décrété des mesures génériques et il ne se passe pas grand-chose. Comme la chaleur est une production forcement locale, l’efficacité énergétique doit aussi être locale. » Il insiste aussi pour demander de border les décisions tant aux niveaux techniques, juridiques qu’économiques « pour s’engager sur les résultats dans la durée. »

* Trouver des bras, un impératif de succès

Les professions représentées par la Fedene embauchent chaque année 5 000 jeunes, dont plus de 90% en contrat à durée indéterminée ; à cela s’ajoutent 1 600 contrats en alternance. Pour Odile Destoop, présidente de la commission sociale de la fédération et DRH chez Dalkia, ce niveau se maintiendra dans l’avenir, mais il faut anticiper les besoins et comprendre de nouveaux phénomènes. Explications.

En premier lieu, il va falloir faire connaître et donner envie pour les métiers de l’environnement. Pour attirer les jeunes et les très jeunes, un programme de rencontres avec des lycéens, des collégiens et des élèves de primaire est mis en place. Un matériel pédagogique – des vidéos, … - et un argumentaire a été préparé pour se présenter à ces publics souvent ignorant des métiers et de leur intérêt. De même, les professionnels prévoient de s’exprimer devant les parents d’élèves et les professeurs pour montrer les perspectives d’emplois. Le tour de France a déjà commencé.


Pascal Bitard, Responsable Emploi-Formation chez Dalkia à Lyon : « Pour recruter les cadres intermédiaires, il vaut mieux rechercher des profils décalés. »


La communication se poursuit sur le site où 55 professions sont détaillées. En outre, des brochures pour les publics des collégiens aux étudiants ou élèves ingénieurs sont déjà disponibles en téléchargement depuis la fin Août - Formations

En deuxième lieu, les métiers de l’environnement évoluant très rapidement se trouvent en concurrence avec les métiers du numérique. Façon « poupées russes », les métiers de l’environnement et de la thermique sont eux-mêmes impactés par une obsolescence rapide des connaissances et par l’effet de la digitalisation des métiers.


Nathalie Tessier, cheffe de bureau des métiers de la transition énergétique au ministère de la Transition énergétique : « Les vrais métiers de l’environnement comme les vôtres ne sont pas repérés par les jeunes ! »


Nathalie Tessier, cheffe du bureau des métiers de la transition énergétique au ministère de la Transition énergétique, reconnaît que les activités de transition énergétique « créent en réalité peu de nouveaux métiers, mais ils sont tous très impactés par les activités liées au numérique. » D’où la concurrence d’image des professions. Concrètement, elle retient même « qu’il est difficile de voir quels sont ces nouveaux emplois en termes de compétence et de formation. » Plus compliqué à traiter encore, elle lance aux professionnels que « les vrais métiers de l’environnement comme les vôtres ne sont pas repérés par les jeunes ! »

Le casse-tête est tel que les entreprises en arrivent à se « piquer les salariés ». La traditionnelle ascension sociale des salariés ne suffit pas. « Un technicien confirmé ne fait plus forcément un bon manager intermédiaire des équipes », explique Pascal Bitard, responsable emploi et formation chez Dalkia à Lyon. « Il faut recruter des profils décalés », poursuit-il. Nathalie Tessier va dans ce sens et propose aux entrepreneurs de s’inspirer des méthodes de l’économie sociale et solidaire. Ce secteur s’attache prioritairement aux capacités d’écoute et d’organisation de ses leaders, et surtout, motive ses troupes avec des arguments d’engagement sur des valeurs fortes : « Les métiers de l’environnement ont un sens pour les jeunes, ce sont des métiers qui peuvent changer le monde. » Si en plus, ils se digitalisent, le sentiment de fierté sera d’autant plus profond.


La deuxième partie sera diffusée dès la semaine prochaine le 4 Novembre 2019. 



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