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Le talent et la qualité au service du développement durable

17 Juin 2019

Par Dominique Bidou - Président d'honneur de l'Alliance HQE-GBC France



Méfions-nous des « évidences ». Héritées d’anciennes connaissances et de pratiques révolues, ce sont souvent des machines à empêcher de penser, et donc d’innover, d’imaginer des solutions originales aux problèmes qui se présentent.

Parmi ces « évidences », figure la certitude que la croissance entraîne irrémédiablement une pression supplémentaire sur l’environnement et les ressources naturelles. Une corrélation qui a pu être vraie, qui l’est peut-être encore, mais est-ce une fatalité ?



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Le développement durable, le vouloir et s’organiser en conséquence


Le logement, un poids lourd de notre empreinte écologique 

Prenons l’exemple du logement, un poids lourd de notre « empreinte écologique ». Pouvons-nous offrir un habitat plus sain, plus confortable, plus agréable à vivre, tout en prélevant moins de ressources naturelles ?

La réponse est oui, c’est techniquement possible avec les connaissances d’aujourd’hui, et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Ajoutons que le cadre de vie influence directement bien d’autres facettes de la vie économique et sociale, plus de convivialité, des relations sociales enrichies, plus d’optimisme et une meilleure productivité du travail dans les entreprises comme à l’école. Le logement de qualité est une illustration de cette capacité que nous avons aujourd’hui à faire mieux avec moins de ressources. On peut étendre le raisonnement aux locaux d’activité et de loisir, qui peuvent être à la fois plus économes et plus performants.

Ce résultat n’est pas pour autant automatique. Il faut aller le chercher, et cela demande quelques efforts. Ce qui est techniquement possible doit s’étendre à toute la production. Toute une chaine d’acteurs doit se mobiliser, du financier au fabricant de matériaux en passant par les concepteurs et les entreprises. C’est sur cette chaine d’acteurs, chacun dans son domaine et dans la manière de travailler ensemble, que l’attention doit se porter, et c’est comme ça que le secteur du bâtiment opère sa transition vers le « durable ».


Le développement durable au-delà même du bâtiment

Nous aurons pu prendre d’autres exemples, le bâtiment n’est pas le seul secteur qui puisse améliorer ses performances en consommant moins de ressources. L’alimentation représente un tiers de notre « empreinte écologique ». Dans nos sociétés occidentales, il est possible, et même souhaitable, de manger mieux en consommant moins. Manger diversifié, des produits de saison et de proximité, permet une croissance de la qualité de vie tout en réduisant le prélèvement de ressources. Moins de viande, mais chère et de qualité, plus de légumineuses et d’épices. En outre, l’agroécologie nous permet à la fois de produire en quantité et d’enrichir les sols, de faire du bien à la planète. Encore une fois, de nouvelles pratiques nous permettent de rechercher une croissance du service rendu tout en réduisant la pression sur l’environnement. Le problème est de les diffuser et de mobiliser les professions concernées.


Deux fois plus de bien-être, en consommant deux fois moins de ressources 

Nous sommes en plein dans l’illustration du sous-titre du rapport au Club de Rome Facteur 4 (1), « Deux fois plus de bien-être, en consommant deux fois moins de ressources », croissance pour les humains, et réduction de la pression sur la planète. Une croissance qui doit être reconnue, valorisée et intégrée dans les programmes de développement économique. L’humain est au cœur du projet, et la planète en profite. Cette orientation ne pourra pas se développer si les nouvelles pratiques apparaissent comme une pénitence, la punition bien méritée d’une humanité qui se croit au-dessus des autres êtres vivants et qui a détruit son environnement, le prix à payer de notre orgueil. Elle s’imposera au contraire en s’appuyant sur une vision de la modernité et de l’avenir, fondée sur le talent humain et la qualité des réalisations en termes de service rendu.

Nous pouvons vivre mieux, même à 10 milliards d’humains, tout en faisant du bien à la planète. Il faut juste le vouloir et s’organiser en conséquence.


(1) Facteur 4, rapport au Club de Rome daté de 1997, Ernst U. Von Weizsäcker, Amory B. Lovins, et L. Hunter Lovins, Terre Vivante pour l’édition Française



Commentaires

  • 0
    20/06/2019

    Bonjour,
    Il existe un sujet qui à l'évidence a un impact majeure sur l'augmentation de l'effet de serre engendrée par le bâtiment: les séparations des couples. Elles doublent les besoins de logements et augmentent les trajets des parents si des enfants sont en jeux. Existe t-il une étude sur le sujet?
    Protéger et encourager les couples à rester ensemble en dialoguant, favoriser la résidence alternée pour limiter les déplacements. Et c'est bien pour les enfants aussi:
    https://residencealternee.home.blog/2019/05/27/residence-alternee-fabien-bacro-de-lufr-de-psychologie-de-luniversite-de-nantes-presente-les-resultats-dune-nouvelle-etude-qui-conforte-le-bien-fonde-de-la-residence-alternee-pour-lequilibre/


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