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Allons-nous, vraiment, vers les fameux systèmes « intelligents » ?

16 Juillet 2012

J'ai, le 11 juin, sans grand espoir d'être suivi, mais convaincu qu'on y viendra un jour ou l'autre, indiqué ce par quoi il me parait nécessaire de remplacer nos réglementations actuelles, compliquées, coûteuses et inefficaces. Nous allons aujourd'hui tenter de faire le point sur les « réseaux intelligents », une technologie également à la mode.

Qu'en pensez-vous ?

Il y a plus de trente ans que dans la littérature technique américaine j'entends parler des « smartgrids », les réseaux électriques intelligents, présentés comme une révolution essentielle (les discours se sont bien calmés depuis lors). Le succès médiatique ayant touché un peu plus tardivement la France, n'en est pas moins délirant. Certains n'ont pas hésité à affirmer des économies de 10, sinon 15 % d'électricité si l'on installait des compteurs dits « intelligents » dans les habitations. Une affirmation d'autant plus lamentable que les compteurs en cause (qui ne sont que communicants) ne méritent absolument pas le qualificatif « d'intelligents ». Ils n'apportent d'ailleurs, en France et dans la majorité des cas, qu'une économie totalement négligeable, comme l'ont montré les expériences tourangelles d'il y deux ans. Les déceptions, malgré une littérature laudative, ne se limitent d'ailleurs pas à la France.

Existe t'il des exemples hors de France ?

Je prendrai un exemple américain, celui de la ville de Boulder qui fut longtemps considérée comme un pionnier américain en matière de smart grids. Par suite de dépassements budgétaires liés aux smartgrids la ville a récemment décidé d'organiser un référendum afin de savoir si elle devait poursuivre sa politique d'investissement dans cette technique. Résultat : 52 % de réponses favorables à l'usage des smartgrids, un pourcentage jugé insuffisant par les autorités qui ont décidé de réviser complètement leur politique, et de supprimer les soutiens financiers aux smartgrids. Et, pourtant, la situation américaine des réseaux électriques n'a rien à voir avec la situation française. Aux USA, comme dans beaucoup de pays européens (Allemagne, Danemark, Suède, etc.) les productions et distributions d'électricité se font par des compagnies traditionnelles, souvent plus ou moins municipales. Leur maintien économique est donc essentiel, mais exige des mesures difficiles de gestion : une situation, en principe, améliorée par les smartgrids. Ceci dit, cette situation n'est pas celle de la France.

Que voulez-vous dire par là ?

Au cours des années 1930, dans un cadre politique influent, la France a pris l'initiative d'unifier tous les réseaux producteurs-distributeurs d'électricité – un peu disséminés – en une structure unique de distribution (et production) : EdF. Avec une seule exception notable : Electricité de Strasbourg, qui est toujours (techniquement et commercialement) restée proche d'EdF. Normalement c'était un progrès très net, dont on en voit aujourd'hui les résultats si l'on compare les tarifs de l'électricité domestique en France et ailleurs. Le malheur c'est qu'avec les mauvaises habitudes des commissions de Bruxelles, des dispositifs perturbateurs ont été créés : l'organisation des communautés européennes, au lieu de promouvoir le progrès a décidé autrement sous le prétexte fallacieux de mise en concurrence. D'où une situation ambiguë, avec laquelle il faut bien vivre. Mais, dans ce cadre, en France, les réseaux intelligents n'ont finalement pas le sens habituel. Bien entendu placer des compteurs communicants (non intelligents) chez les usagers facilite les relevés de consommation, mais c'est un avantage pour le distributeur, pratiquement pas par l'utilisateur. Que les réseaux de production et de distribution s'équipent de dispositifs « intelligents » les concernent. Mais eux seuls.

Ne pourrait-on pas avoir des réseaux intelligents également chez les utilisateurs ?

Bien entendu, mais cela concerne finalement tous les automatismes équipant actuellement nos installations. Des équipements automatiques actuels qui, dans un délai de moins de 10 ans, devraient commencer à disparaître. A mon avis grâce à Internet haut débit, des terminaux de contrôle voisins de la télévision distribuée, des commandes (tactiles ou non) par smartphones, etc. devraient fortement se développer. Une raison de plus pour faciliter les évolutions, et ne pas croire qu'on peut aujourd'hui, fixer nos techniques pour des décennies. Ceci dit, il est également logique de s'interroger sur nos raisonnements précédents qui se limitent à la thermique du bâtiment. Ne faut-il pas parler, plus généralement, de développement durable et d'écoconstruction : c'est ce que nous verrons la semaine prochaine.

Roger CADIERGUES


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