Répondre valablement aux désordres actuels

07 Septembre 2009

J’ai la semaine dernière, attribué aux avalanches de textes réglementaires et normatifs nouveaux, le déséquilibre d’information que nous subissons. Je vous avais promis de revenir sur le sujet : nous y voici.

Que conseillez-vous, finalement, de faire ?

C’est très simple, chargez-vous vous-même du développement durable, et ce pour quelque activité que ce soit : examen, conception, réalisation, etc. Qu’il s’agisse de neuf ou qu’il s’agisse d’existant. Le seul problème sera de définir, et mettre au point, les aides vous permettant de vous adapter à ce nouveau rôle, les normes et les règlements n’étant plus alors ni l’essentiel ni le pilote, mais uniquement des annexes à respecter ou à adapter.

Comment peut-on vraiment prendre soi-même en main le développement durable ?

Il est normal que cette idée vous paraisse bizarre : ce devrait pourtant être l’essentiel de vos préoccupations. N’oubliez pas, d’ailleurs, que les pouvoirs publics (ou normatifs) - en France comme ailleurs - devront, de plus en plus fréquemment, s’attacher à ce développement. Bien qu’encore fort en retard dans les faits, ils y viendront tôt ou tard. De sorte qu’en opérant comme je vous le conseille, et comme je l’expliquerai : non seulement vous pourrez immédiatement – et sans complications – choisir la voie du vrai développement d’avenir pour vos examens, vos conceptions ou vos réalisations, mais en plus vous pourrez le faire grâce à des concepts simples, des concepts auxquels sont plus ou moins condamnés les lois et règlements du futur (vous aurez donc de l’avance), et, in fine, vous pourrez même en faire des présentations parfaitement compréhensibles par tous (pensez éventuellement à vos clients pour lesquels le développement durable reste encore un peu mystérieux).

Quelle est donc, concrètement, votre recommandation ?

Tout le monde sait, au moins qualitativement, ce qu’est le développement durable : «un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs». Ceci dit, pour avancer, il est indispensable de pouvoir utiliser des critères chiffrés. Dans notre cas, la lutte contre le réchauffement climatique et contre l’effet de serre étant essentiels, le critère de base que je vous propose d’adopter est le bilan carbone. Ce bilan, finalement très simple, prend en compte les émissions de tous les gaz à effet de serre, émissions engendrées directement ou indirectement par les activités de toutes sortes. Les gaz à effet de serre ne sont pas seulement le CO2, mais également d’autres gaz tels que le méthane, les halocarbures (pour nous certains fluides frigorigènes), et le protoxyde d’azote (NO2). Il n’en reste pas moins que le CO2 joue, dans notre cas, un rôle essentiel. Cette précision étant acquise n’oubliez pas que le problème est propre à chaque pays et à chaque opération : la confusion des situations entre les différents pays européens et entre les différents fournisseurs d’énergie n’est pas acceptable. Il faut, de toutes façons, abandonner complètement les critères, dits «universels», basés sur les consommations d’énergie - même s’il s’agit d’énergie dite primaire.

Que fait-on de ce bilan carbone ?

Pour toute opération examinez les différentes solutions énergétiques possibles et calculez leur bilan carbone. In fine adoptez la solution optimale : celle qui conduit au bilan carbone minimal. Ne vous inquiétez pas éventuellement si les conclusions tirées de cette optimisation sont différentes de celles qu’on vous recommande habituellement. L’idéal est de parvenir au bilan carbone zéro (les bilans négatifs sont également possibles dans le cas de production locale d’énergie). Ceci dit, l’utilisation du bilan carbone se heurte à deux difficultés.

Lesquelles ?

La première difficulté tient à l’évaluation correcte du bilan carbone des énergies elles-mêmes : c’est assez facile pour beaucoup (à partir du CO2 produit lors de la combustion), mais c’est plus compliqué pour d’autres.

D’abord pour les combustibles végétaux pour lesquels il faut établir un bilan complet, tenant compte de l’absorption de carbone par les plantes lorsqu’elles sont vivantes. Ensuite pour l’électricité, où le bilan carbone dépend du fournisseur : selon le fournisseur les bilans carbone de chaque kWh ne sont pas du tout les mêmes.

La deuxième difficulté tient à ce que, pour faire un bilan correct, il ne faut pas oublier de tenir compte des énergies grises, celles qui correspondent à la préparation et à la livraison du combustible. C’est ainsi que, pour les plaquettes forestières, le bilan carbone n’est pas nul si l’on tient compte de l’énergie grise. De nombreux pays européens, bien qu’opérant en consommation, tiennent déjà compte (au contraire de la France dans les RT) de ces énergies grises : nous disposons donc là d’une documentation assez abondante, et il est assez facile de les prendre en compte, un peu forfaitairement il est vrai.

Dès la semaine prochaine nous poursuivrons cet examen.

Roger CADIERGUES


Commentaires

Aucun commentaire actuellement, soyez le premier à participer !

LAISSER UN COMMENTAIRE

ABONNEZ-VOUS !
Ce site respecte strictement la réglementation RGPD sur les données personnelles. Pour connaitre et exercer vos droits, vous pouvez consulter notre politique de confidentialité
Reférencement gratuit

Référencez gratuitement votre société dans l'annuaire

Suggestions

Point officiel sur la prochaine réglementation environnementale 2020

Point officiel sur la prochaine réglementation environnementale 2020

La RE2020, prochaine réglementation environnementale, se précise. Découvrez les objectifs, le calendrier, le projet de label et les dernières infos sur le confort d été


Rénovation de bureaux en 153 logements étudiants avec démarche de recyclage et de réutilisation

Rénovation de bureaux en 153 logements étudiants avec démarche de recyclage et de réutilisation

Letellier architectes a réalisé de superbes projets portés par une démarche de réutilisation et de recyclage : la rénovation de bureaux et de 153 logements étudiants


Le vent s’est levé : Développement Durable… ou pas ? L’ouvrage de D. Bidou

Le vent s’est levé : Développement Durable… ou pas ? L’ouvrage de D. Bidou

Le nouvel ouvrage de Dominique Bidou "Le vent s’est levé" pose la question du Développement Durable dans notre société en pleine mutation. A découvrir !


Le nouveau label R2S-4GRIDS pour valoriser les services numériques dédiés à l'énergie

Le nouveau label R2S-4GRIDS pour valoriser les services numériques dédiés à l'énergie

Afin de valoriser le déploiement de services numériques dédiés à l’amélioration des performances énergétiques du bâtiment, Certivéa et la SBA lancent la 1ère extension du Label R2S : 4GRIDS.


Wilo, labellisé "Vitrine de l’industrie du futur"

Wilo, labellisé

Wilo France ne cesse de se distinguer : le site industriel de Laval bénéfice désormais du label "Vitrine Industrie du Futur" décerné par l'AIF


Construction de bureaux à Montpellier ALCO 2 : Effinergie+ et compatible RE 2020

Construction de bureaux à Montpellier ALCO 2 : Effinergie+ et compatible RE 2020

Le BE fluides DURAND qui a assuré la mission Fluides - Energie - Qualité Environnementale lors de la la réalisation de l’extension des bâtiments du Conseil Général de l’Hérault, sur le site d’Alco


Webinar France Air/Socotec : labels confort d'usage QAI Tertiaire

Webinar France Air/Socotec : labels confort d'usage QAI Tertiaire

Découvrez le webinar France Air/Socotec sur les labels confort d'usage dans les bâtiments tertiaires. Leurs experts vous exposeront notamment les solutions QAI répondant aux exigences du secteur.


Le refroidissement adiabatique, le futur de la climatisation

Le refroidissement adiabatique, le futur de la climatisation

Le refroidissement adiabatique est une technique à faible impact environnemental comparé à une climatisation standard. Elle n'implique ni gaz réfrigérant et sa consommation électrique est faible.


Limiter son empreinte carbone dans le secteur de la construction

Limiter son empreinte carbone dans le secteur de la construction

Cette chronique apporte un éclairage sur l'empreinte carbone dans la construction neuve et les impacts à l'échelle du quartier.


Construire et rénover le bâtiment « 2020 Ready 2050 »

Construire et rénover le bâtiment « 2020 Ready 2050 »

Découvrez en exclusivité le programme d'EnerJ-meeting Lyon qui aura lieu le 17 novembre 2020 : rénover et construire pour des bâtiments 2020 reday 2050 seront au coeur des débats !


Le hub des prescripteurs bas carbone

Le hub des prescripteurs bas carbone

Prenez connaissance des messages clés délivrés par Le Hub des prescripteurs bas carbone en lien avec la prochaine RE2020.


Energie et Carbone : les solutions chaleur renouvelable face à la future RE 2020

Energie et Carbone : les solutions chaleur renouvelable face à la future RE 2020

Découvrez l'étude réalisée et présentée par Valérie Laplagne, responsable technique chaleur renouvelable chez UNICLIMA, lors de la 5ème journée de la Pompe à Chaleur du 10 mars 2020.


Succès de la J5PAC avec un florilège d’annonces !

Succès de la J5PAC avec un florilège d’annonces !

Record pour l’Association françaises des pompes à chaleur (Afpac) : 170 personnes ont participé le 10 mars à la 5e journée de la pompe à chaleur à Paris (J5PAC)


Réhabilitation de l’école Saint Exupéry (49) : confort, santé des enfants et empreinte carbone

Réhabilitation de l’école Saint Exupéry (49) : confort, santé des enfants et empreinte carbone

Découvrez ce retour d’expérience d'une réhabilitation de l’école Saint Exupéry à Doué La Fontaine (49) avec comme objectif de concilier confort, santé des enfants et empreinte carbone.


Baromètre 2019 de la performance énergétique et environnementale des bâtiments

Baromètre 2019 de la performance énergétique et environnementale des bâtiments

Le Baromètre de la performance énergétique et environnementale des bâtiments présente des indicateurs de performance énergétique sur le résidentiel et une analyse des consommations par usages.