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Faut-il abandonner la RT 2012?

7 Mars 2011

   La lettre du 21 Février, déjà ancienne,  était essentiellement consacrée aux traitements informatiques de la nouvelle réglementation thermique (RT 2012). Aujourd’hui, laissant de côté les aspects calcul nous allons essayer de nous concentrer sur la réglementation elle-même. Avec des propositions qui ont peut-être peu de chances d’être adoptées, mais sur lesquelles il faudra bien, un jour ou l’autre, revenir.

Pouvez-vous être un peu plus précis …

   Partons de la réalité actuelle : parmi toutes les réglementations européennes – pour ne pas dire mondiales – la réglementation thermique française, en particulier RT 2012, est la plus compliquée du monde. Et la plus coûteuse sans qu’on puisse en tirer des conclusions favorables. Et sans qu’on puisse se vanter du record. Ce qu’il faudrait, c’est revenir sur les objectifs et le mode de développement (fortement désuets) de cette réglementation telle qu’elle se présente. Revenons d’abord aux objectifs : il faut arrêter d’utiliser des objectifs utopiques et irréalisables, par exemple ceux qui ont cours en matière de réduction de l’effet de serre. Il  s’agit là de décisions purement intellectuelles, sans rapport avec la réalité. Et qui ne contribueront pas, quoi qu’on en dise, à obtenir les résultats recherchés.

Que voulez-vous dire par là ?

   La maîtrise de l’effet de serre est une tâche difficile, qui ne devrait pas tolérer les effets d’annonce. Elle devrait s’appuyer sur la réalité et sur des planifications correctes, et non pas sur ce qui devient de mauvaises habitudes de pensée. On vous expliquera, par exemple, qu’il suffit de se chauffer au bois. En fait, cette combustion du bois dégage malheureusement du CO2. Bien sûr on vous expliquera que ce dégagement est compensé par l’absorption du CO2 au niveau des arbres sur pied. Malheureusement le bois que vous venez de détruire n’a effectué cette compensation qu’au cours des années passées, et non pas aujourd’hui ou demain : il faudra de longues années pour que la végétation en cause reprenne une taille suffisante. En clair cela veut dire que, contrairement aux opinions courantes, si vous brûlez aujourd’hui du bois, vous augmentez immédiatement l’effet de serre. Et ce n’est pas le seul exemple : bien des mesures aujourd’hui prônées ne sont valables que sur une perspective à assez long terme, et non pas dans les prochaines années. Une réglementation consciente devrait prendre ce phénomène en cause : on nous propose des solutions valables pour nos descendants dans cinquante ans, mais aux dépens des situations actuelles qu’il sera finalement très difficile de corriger.

Vous êtes donc un ennemi du développement durable ?

   Bien au contraire : presque tout ce qui est dit, et prôné actuellement – la nouvelle réglementation comprise - semble incapable, en matière de développent durable, d’établir un plan valable aussi bien pour les années immédiates qui viennent que pour l’année 2050.

Vous parliez également de revenir sur le mode de réglementation …

   Absolument, et c’est très simple : au lieu de prendre les professionnels de conception et de réalisation pour des incapables laissons-les concevoir et réaliser en toute liberté des bâtiments finalement performants. Supprimons la réglementation du type RT. Obligeons toute opération immobilière à faire, in fine, l’objet d’un diagnostic énergétique selon les règles actuelles (ou futures) du DPE. Obligeons que ce diagnostic soit effectué par un bureau de contrôle agréé, une fois la réalisation des bâtiments en cause terminée. Obligeons les nouveaux bâtiments subissant ce diagnostic (qui est d’ailleurs souvent obligatoire) soient au moins de classe énergétique A (par exemple). Bien des calculs inutiles et du temps passé seront alors évités. Cependant qu’en même temps la qualité énergétique des réalisations sera beaucoup mieux assurée. Et ce aussi bien demain que dans cinquante ans. Et ce sans artifices, ni coûts inutiles.

Pensez-vous, vraiment, que de telles réformes soit possibles ?

   A terme plus ou moins, du moins je le crains. Et pour une raison très simple, que l’on semble oublier, et qui va devenir de plus en plus essentielle : en France l’offre globale d’habitations est très insuffisante. C’est une situation que la population ne pourra pas supporter éternellement : elle sera source de manifestations brutales.

Roger CADIERGUES


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