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La folie des tablettes …

17 Novembre 2011

J’ai eu le malheur de parler des tablettes numériques dans une lettre récente : cela me vaut aujourd’hui des demandes d’explications complémentaires.

Lesquelles ?

   Le succès actuel des tablettes est surtout le succès de la tablette iPad d’Apple, mais le problème dépasse le domaine de ce seul matériel. Quand on examine ce à quoi servent les tablettes numériques il faut constater qu’il s’agit surtout d’objets de divertissement domestique, à la rigueur d’information. Les applications professionnelles ne constituent pas plus de 10% du marché. Et dans notre cas les usages sont rares : l’accès aux catalogues de nos constructeurs, dont je ne connais d’ailleurs – pour le moment – qu’un seul exemplaire. Les tests que j’ai pu effectuer prouvent d’ailleurs que – pour le moment du moins - les applications ne peuvent guère être limitées qu’à des fournitures d’information, le succès des tablettes auprès des journaux quotidiens ou mensuels le prouvant très nettement. A un point tel qu’un quotidien (France Soir) se replie sur la seule version « tablette », la version « papier » étant éliminée. Ceci dit, cette solution va-t-elle être adoptée par nos périodiques techniques : c’est aux responsables de ces périodiques de répondre, et je pense qu’ils hésitent beaucoup.

C’est pourtant une solution très séduisante ?

   Oui et non, le succès de la tablette Apple comme référence est délicat : d’autres tablettes (ou équivalent) apparaissent ou vont apparaître (ex. Sony), et la politique commerciale d’Apple est très ingrate. Apple a lancé un nouveau kiosque numérique (NewStand) qui suscite de fortes critiques en France, les éditeurs de presse ayant décidé de faire front commun contre les initiatives d’Apple qui se traduisent par des augmentations de coûts loin d’être négligeables. Je n’en suis pas personnellement surpris car ce n’est pas la première fois que la politique économique de cette société est pour le moins « curieuse ».

Que voulez-vous dire par là ?

   Ma première expérience en la matière date du lancement du premier ordinateur Mac. Ce n’était pas – contrairement à ce qu’ont dit certains journaux – le premier ordinateur : depuis plusieurs années nous installions déjà des PC, et Steve Jobs avait déjà travaillé deux ans chez un de ces fournisseurs de PC avec lequel nous avions opéré. Le problème essentiel était alors que le Mac offrait des originalités intéressantes par rapport à ces produits existants. De ce fait je fus un des premiers (en France) à signer, avec Apple, un contrat de développement de logiciels adaptés au Mac. Ce contrat imposait l’achat de deux ordinateurs fournis par Apple. Dès mon démarrage j’ai constaté que l’un des deux était totalement inutilisable – sans qu’aucune information préalable ne nous ait été fournie : Apple voulait manifestement se débarrasser de produits qui n’avaient connu que l’échec. Aujourd’hui Apple veut rentabiliser son nouveau magasin (le NewStand) et surtout le nouveau système d’exploitation (IOS 5) qui va avec. Ce qui ne fait qu’aggraver la situation, ce qui est probablement son principal défaut : le mélange de la fabrication de matériels avec la production de logiciels et de services.

Quelles sont vos conclusions pour ce qui concerne les tablettes ?

   Les tablettes actuelles ne sont qu’une des faces du développement du « numérique » dans nos métiers. Ce ne sont donc – à mon sens - que des « accidents temporaires ». En disant cela je ne veux pas sous-estimer les tablettes, mais je suis convaincu que ce n’est qu’un des aspects du numérique, qui va – à mon sens – connaître bien d’autres développements.

Que voulez-vous dire par là ?

   Que de nouveaux développements numériques sont à notre porte. Mais attention : il ne faut pas aller trop vite. L’exemple actuel est celui de la maquette numérique en architecture et bâtiment. Une technique qui nous vient des USA sous le nom de « BIM » (Building Information Modeling). Que peu d’architectes utilisent encore en France , mais qui constitue l’axe de développement choisi par des firmes telles que Bouygues ou Vinci.

N’est-ce pas limité aux architectes et aux entreprises générales ?

   Oui si nous nous limitons à BIM, mais il y a bien d’autres techniques numériques en développement : il nous faut seulement attendre 2013 ou plus. Pour être plus précis j’y reviendrai Lundi prochain.

Roger CADIERGUES


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