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Le bâtiment vers un nouvel âge plus difficile que prévu (2)…

22 Octobre 2012

Depuis quelques années le bâtiment subit de profondes réformes, présentées un peu partout comme un très grand progrès. Malheureusement cet enthousiasme ne va pas sans quelques problèmes, des problèmes hélas trop souvent occultés par des admirateurs inconditionnels. Nous en avons analysé un la semaine dernière, en voici d’autres.

Quels sont-ils ?

Sans qu’il s’agisse d’un classement hiérarchique voici les défauts constatés : des surchauffes d’été, des masques solaires non ou mal calculés, des VMC trop bruyantes, des équipements surdimensionnés, etc. Les deux problèmes qui me paraissent les plus importants sont ceux qui concernent les surchauffes d’été et ceux qui concernent les ventilations.

Que voulez-vous dire à propos des surchauffes d’été ?

Qu’il s’agit d’un sujet très délicat, les conventions adoptées (règles RT) lors de la conception risquant d’être inadéquates, par suite : de conditions climatiques intérieures inadéquates, de conditions climatiques extérieures mal choisies, d’une occupation intérieure mal choisie, d’une règle de calcul mal choisie, aussi bien sur le plan des résultats que sur le plan des consommations.

Votre critique n’est-elle pas exagérée ?

Prenons-la point par point, le premier étant sans doute le plus délicat : avec le vieillissement de la population les exigences en matière de températures d’été difficilement supportables se sont aggravées. Au point que les maisons pour personnes âgées bénéficient de recommandations en matière de climatisation minimale. Mais, même si nous sommes dans une situation différente, le choix des températures extérieures d’été est délicat : même les bases adoptées en France pour la climatisation sont, selon mon expérience, trop souvent tout à fait insuffisantes. A fortiori celles adoptées pour les règles RT. J’ai exploré cette valeur dans toutes les régions du sud et du sud-ouest, et en voici un résultat sans qu’il s’agisse d’un extrême lors de la décennie. En plein été chaud, en milieu de journée, au bord de la Dordogne j’ai mesuré (température à l’ombre) 40°C. Avec 39°C à quelques kilomètres (à l’intérieur). Et avec un peu plus de 38°C à 30 km plus au nord. Et ce au lieu des 33°C de la norme AICVF de dimensionnement des installations de climatisation. Et au lieu des 31°C de la RT 2012 !

Vos autres critiques sont-elles aussi sévères ?

Hélas oui. Pour les calculs de transmission de chaleur en régime variable, surtout en été, il  faut veiller à choisir de bonnes méthodes, celles parfois proposées étant incorrectes. Il existe une norme ISO à laquelle il était facile – et plus valable – de se référer. Ce qui n’est pas le cas, et je ne sais pas pourquoi.
Par ailleurs la réalité dépend fortement des charges internes, et en particulier de l’occupation. Dans les sinistres constatés par l’Agence Qualité Construction cités la semaine dernière, la sous-estimation des charges internes a été l’une des causes de « sinistres ».  Etc : ce ne sont là que des exemples, dont il est d’ailleurs difficile de savoir si les estimations sont de bonne foi.

Que voulez-vous dire par là ?

Les pièges involontairement (mais réellement) tendus par la nouvelle réglementation thermique sont incontestablement assez nombreux. Il n’est pas rare, en réalité, que les dispositions adoptées pour certains équipements soient inadéquates. Personnellement  je ne suis d’ailleurs pas sûr que ce soit involontaire de la part des concepteurs. Quand on veut obtenir un label on peut, par exemple, ne pas prendre en compte les masques dans l’évaluation de performance de panneaux solaires. Il est d’ailleurs vrai que si ces masques n’existent pas lors de la conception, l’évolution urbanistique fera qu’ils existeront un jour ou l’autre.
Quoi qu’il en soit, il existe des difficultés multiples qu’on ne peut pas toujours négliger ou occulter. Et ce contrairement aux croyances naïves de certains concepteurs. Lors d’une réalisation personnelle déjà ancienne d’isolation par l’extérieur j’en ai profité pour changer la température à la sortie de chaudière. L’installateur, pourtant a priori très compétent, s’est étonné que je ne choisisse pas une chaudière à condensation. Or la condensation exige des précautions spéciales : le remplacement de générateurs anciens par des chaudières gaz à condensation nécessite d’adapter les conduits de fumée et la ventilation, et de prévoir des dispositions spéciales pour évacuer les condensations. Sur ce point, longtemps absent de notre documentation technique, un guide spécifique (que je vous conseille) vient de paraître : « Rénovation des conduits de fumée. Installation de chaudière à condensation au gaz naturel ».

Roger CADIERGUES


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