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Les conséquences des mauvaises simulations …

5 Décembre 2011

Jeudi dernier j’ai souligné les difficultés d’évaluation des consommations : nous allons poursuivre cet examen.

Quelles en sont les conséquences ?

   Très variables selon les cas. Prenez l’exemple des bâtiments dits à énergie positive (dont le surcoût vous est en général caché) : la définition n’y est pas toujours claire (tous les usages énergétiques sont-ils inclus ?). En supposant que tout soit inclus, le calcul « savant » courant surestime la consommation électrique, mais sous-estime la consommation thermique. Comme ce calcul opère par différence entre le premier terme sous-estimé (le chauffage) et le second surestimé (les usages électriques), la différence (la consommation probable) est obligatoirement surestimée. Notez en plus que, dans tous les cas, il faut être sûr des caractéristiques des matériels utilisés.

Cela va de soi …

   Oui et non, pour deux raisons :
- très souvent vous disposez de données numériques pour des conditions normalisées, mais vous ne savez rien sur les situations intermédiaires, cela étant vrai pour de nombreux matériels, pompes à chaleur en tête ;
- de plus ce sont des valeurs statiques, et ne vous informent pas sur l’inertie des matériels et de leur régulation. Dans tous les cas le choix des caractéristiques statiques est lui-même délicat : bien que ce n’en soit pas une démonstration parfaite, en penant un exemple, les statistiques de consommations réelles européennes récentes de pompes à chaleur (au Royaume Uni, en Allemagne et en Suisse) nous incitent, par exemple, à être très prudents.  

Voyons donc ces statistiques …

   Prenons d’abord l’exemple des pompes à  chaleur sur air. Voici les résultats en coefficients de performance moyens sur la saison de chauffage observés sur un grand nombre d’installations (COP) :
. Au Royaume Uni des COP de 1,7 à 3,2 (60% de 1,7 à 2,2 et 30% de 2,3 à 3,2) ;
. En Allemagne des COP de 2, 3 à 3,4 ;
. Avec une situation une peu différente pour la Suisse : de 2,2 à 3,0 l’essentiel se situant entre 2,5 et 2,8.

N’est-ce pas dû aux différences climatiques ?

   L’exemple de la Suisse, qui connaît différents climats, tend à nous démontrer le contraire. C’est d’ailleurs confirmé par les données relatives aux pompes à chaleur sur le sol. Voici les coefficients de performance moyens sur la saison de chauffage observés sur un grand nombre d’installations (COP) :
. Au Royaume Uni des COP de 2,0 à 3,2, 30% des cas se situant de 2,3 à 3,2 ;
. En Allemagne des COP de 2,2 à 5,0, l’essentiel se situant toujours au-dessus de 3,0 ;
. En Suisse des COP de 2,7 à 4,0, la moyenne se situant à 3,4.

Qu’en tirez-vous comme conclusion ?

   Que la dispersion des résultats réels – pour des produits bien déterminés – démontre qu’il faut se méfier des jugements hâtifs … ce que, d’ailleurs, pratiquent un peu trop souvent nos règles de calcul, même celles qui se veulent savantes. Ne croyez pas que ce soit uniquement vrai pour les pompes à chaleur, même si cela est plus net pour ce type de matériel.

Roger CADIERGUES


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