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Retour sur les énergies renouvelables…

2 Juillet 2012

J'ai, le 11 juin, sans grand espoir d'être suivi, mais convaincu qu'on y viendra un jour ou l'autre, ce par quoi il sera nécessaire de remplacer nos réglementations actuelles, compliquées, coûteuses et inefficaces. Nous allons, aujourd'hui, continuer à faire le point, en revenant sur le problème du solaire et de l'éolien qu'il est tentant, au niveau gouvernemental, de subventionner sous des formes diverses. Avec deux sources « d'ennuis », ce que j'ai appelé « les mauvais retours » et ce que j'ai appelé « la griserie de l'énergie positive ».

Dites-nous ce que vous appelez les mauvais retours ?

Le solaire et l'éolien sont plus ou moins caractérisés par des intervenants qui – très souvent - n'ont pas réellement mis la main à la pâte. Pour eux le solaire, et pour certains l'éolien, c'est la solution simple du futur. Quand on y regarde de près, coûts réels compris, la solution n'est plus si évidente.
Prenons l'exemple des pays scandinaves et de l'Allemagne qui ont décidé de réduire leur production nucléaire d'électricité, en faisant à priori appel à l'énergie solaire ou à l'énergie éolienne. L'inquiétude commence manifestement à gagner les responsables : le soleil et le vent étant aléatoires il va falloir combler les manques, à certains moments, en faisant appel à des combustions, qui – finalement - dégageront du CO2. Cela signifie simplement que le recours aux énergies renouvelables à la mode n'est pas aussi simple que beaucoup d'esprits semblent l'imaginer. J'avoue que personnellement, ayant toute ma vie professionnelle agi dans le solaire, je suis outré par les enfantillages présentés comme des progrès.

Et qu'appelez-vous la griserie de l'énergie positive ?

L'Europe participe largement à l'optimisme énergétique à la mode, l'exemple le plus frappant étant celui des bâtiments « zéro énergie ». Comme certains experts ont trouvé qu'on allait un peu vite en la matière les commissions européennes ont tenté d'introduire l'optimisation des coûts. Et ce en tenant compte des coûts de construction face aux valeurs actuelles des économies d'énergie prévisibles.
Ainsi est progressivement né, non pas le « bâtiment zéro énergie », mais le bâtiment qui s'approche du zéro énergie. Une conception nouvelle à laquelle les équipes de préparation de la directive européenne récente (EPBD) ont donné le nom de NZEB (« near zéro building energy »). Malheureusement tous les pays n'ont pas intégré cette précaution, et certains pays applicateurs ont traduit le terme NZEB par « net zero building energy » (« bâtiment à énergie zéro », et non pas « proche de zéro »).
Bien entendu, par « net zéro » il faut entendre des bâtiments dont les toits ou les façades sont couverts de panneaux photovoltaïques. On peut d'ailleurs aller plus loin en parlant de « bâtiment à énergie positive ». Ce dont certains ne se privent pas, et ce qui d'ailleurs, dans bien des cas, est aussi fallacieux : cela veut tout simplement dire qu'on fabrique son électricité soi-même ... et qu'on revend (à des tarifs encore aberrants) l'électricité excédentaire. Le tout souvent accompagné d'une publicité curieuse.

Que voulez-vous dire par là ?

Plusieurs observations essentielles. La première est la suivante : quand les publicités vous montrent – à la télévision en particulier - des façades photovoltaïques qui se veulent « magnifiques », vous constaterez aisément :

  • qu'il s'agit presque toujours de maisons individuelles,
  • et qu'elles se situent à la campagne, dans un site fortement dégagé.

Je vous laisse le soin de voir si c'est vraiment le cadre général.
Autre remarque : est-ce vraiment la politique énergétique la plus intelligente que celle qui consiste à placer le photovoltaïque partout (et même à le subventionner avec des tarifs de rachat aberrants) : manifestement nos autorités n'y ont pas réfléchi, et se complaisent dans le spectaculaire. Ce que quelques vieux, mieux éduqués, appelleraient « jeter l'argent par les fenêtres ».

En la matière les conclusions sont simples : le photovoltaïque décentralisé coûte cher, presque le double du photovoltaïque centralisé. Si l'on veut mener une politique énergétique sérieuse il faut soutenir l'usage direct du photovoltaïque dans des fermes très étendues, gérées directement ou indirectement par les producteurs d'électricité. Et non pas, bien entendu, par des installations décentralisées. Une démarche qui fera disparaître la mode démagogique des bâtiments à énergie positive.

Roger CADIERGUES


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