Chargement...

PAC géothermiques : « un plan de relance ambitieux, ou sinon c’est la mort de la filière ! »


PAC géothermiques : « un plan de relance ambitieux, ou sinon c’est la mort de la filière ! »

En faveur des PAC double service qui, présentement, ne sont pas prises en compte dans le moteur de calcul de la RT 2012, le syndicat Uniclima va déposer d’ici à la fin de l’année un dossier de demande de Titre V « générique » ; ce Titre V RT 2012 pourrait être obtenu au mieux dans un an. C’est ce que l’on a appris lors d’une conférence de presse de l’association AFPAC la semaine dernière. Au cours de celle-ci, l’AFPAC a présenté, par ailleurs, les premiers «outils» développés par son groupe de travail spécialisé dans la maintenance des PAC domestiques : un guide d’utilisation, une « check list » à l’intention des techniciens de maintenance, et des contrats-types d’entretien. Ces contrats-types seront disponibles vers la fin de l’année ; il y en aura un pour le vecteur eau (avec des « tiroirs » pour chaque énergie d’appoint) et un autre pour le vecteur air. Mais aucun contrat-type n’est envisagé pour les chauffe-eau thermodynamiques. Roland Bouquet, responsable de ce groupe de travail maintenance, a estimé que seulement 30% du parc des PAC domestiques bénéficiait d’un contrat d’entretien. Le groupe de travail commence, à présent, à étudier le thème de la qualification des acteurs de la maintenance des PAC et envisage, par exemple, une « extension entretien » de la qualification QualiPAC.


pompe-chaleur-geothermique

Au bénéfice des PAC géothermiques, l’AFPAC a souhaité « un plan de relance ambitieux » et une « politique volontariste » des pouvoirs publics ; concrètement, l’association attend de l’Etat à la fois un effort de communication et des aides financières pour les acquéreurs de PAC géothermiques. Cette filière des PAC géothermiques est arrivée aujourd’hui à un point de non-retour et elle peut mourir, a prévenu Gérard Charney, autre dirigeant de l’AFPAC. Lors de la conférence de presse, l’AFPAC a présenté, par ailleurs, une étude d’où il ressort, que la PAC peut « contribuer » à l’atteinte des objectifs de la Stratégie française Bas Carbone. Dans cette étude, l’AFPAC demande toutefois une révision des classes de CO2 dans le DPE, « et qu’il y soit fait référence dans les textes réglementaires, au même titre que les consommations d’énergie primaire ». Gérard Charney a regretté à ce propos que, d’une façon générale, les émissions de CO2 ne soient pas prises en compte aujourd’hui dans les DPE. Autre revendication de l’AFPAC : l’abandon du projet de taxe sur les HFC. Cette taxe, selon l’association, viendrait augmenter le coût des PAC d’environ 5 à 20% selon les modèles, elle aurait pour effet d’orienter «inévitablement» le marché vers des générateurs de chauffage « plus traditionnels », et elle freinerait le développement de la filière PAC, tout en augmentant « les impacts carbone dans le secteur du bâtiment ». Au sujet du label E+C-, d’autre part, l’AFPAC a présenté les résultats d’une étude portant sur une maison-type de 100 m² (avec BBIOmax-20%), d’où il ressort que la PAC permettrait de passer les niveaux Energie 1 et 2, mais que, pour atteindre le niveau 3, il serait nécessaire d’y ajouter du photovoltaïque. Autre enseignement de l’étude : la PAC permettrait de passer « largement » le niveau Carbone 1 et de « tangenter » le niveau Carbone 2, qu’il serait « très facile d’atteindre moyennant quelques petites améliorations ».


Quel génie climatique en France au cours des trente prochaines années ?

Une récente étude de l’Ademe prévoit que, en France, la part des EnR dans la consommation finale de chaleur passera de 37% en 2030 à 55-60 % en 2050. Dans le résidentiel, ajoute l’étude, les besoins énergétiques pour le chauffage et l’ECS baisseront « significativement » dès 2035 : la consommation passera - en Mtep - de 18,9 en 2030 en chauffage (contre 30,8 en 2010) à 13,3 en 2050, et de 3 en 2030 en ECS (contre 4,4 en 2010) à 2,9 en 2050, alors que, en climatisation, elle passera de 0,3 en 2030 (contre 0,0 en 2010) à 0,4 en 2050. En chauffage, poursuit l’étude, les PAC équiperont 20% du parc résidentiel en 2035 et 50% en 2050, avec un coefficient de performance qui passera de 3 en moyenne aujourd’hui à 4. Le fort taux de pénétration de la PAC sera notamment lié à la poursuite de la consommation tendancielle en climatisation dans certaines régions, précise l’étude, qui indique par ailleurs que les logements chauffés au gaz s’équiperont « progressivement » en chaudières à condensation. À l’approche de 2035, les systèmes hybrides et de micro-cogénération commenceront à pénétrer le parc résidentiel ajoute l’étude. 

Pour l’ECS, elle indique que les chauffe-eau à effet joule seront progressivement remplacés par des chauffe-eau thermodynamiques et, dans une moindre mesure, par des Cesi, dont le taux de pénétration pourrait passer de 10% du parc résidentiel en 2035 à 20% en 2050. Pratiquement la moitié des logements neufs et anciens sera climatisée en 2050, contre 4,5% en 2010, pronostique l’étude. En usage direct, la PAC représentera 34% de la consommation finale de chaleur renouvelable du secteur résidentiel en 2035 (contre 13% en 2010) et 47% en 2050, tandis que la part de la biomasse s’établira à 45% en 2050 (contre 87% en 2010 et 62% en 2035). En tertiaire, poursuit l’étude, les surfaces climatisées progresseront, tandis que les besoins en chauffage diminueront. En usage direct, la PAC représentera 41% de la consommation finale de chaleur du secteur tertiaire en 2035 (contre 0% en 2010) et 49% en 2050, tandis que la part de la biomasse sera de 25% en 2050 (contre 100% en 2010 et 44% en 2035).

L’étude signale par ailleurs que la quantité de combustibles solides utilisés en combustion (chaleur seule ou cogénération) sera identique en 2035 et 2050 (à 14,7 Mtep), mais que la part du bois utilisé dans le secteur domestique baissera de 7,4 Mtep, à environ 6,5 Mtep en 2030, tandis que l’on assistera, en parallèle, à un fort développement du bois-énergie dans les secteurs collectif, tertiaire et industriel, avec un rythme de développement moyen de 217 ktep/an entre 2015 et 2050. Ces grosses installations produiront majoritairement de la chaleur seule jusqu’en 2030, prévoit l’étude. Au-delà, elles basculeront progressivement vers la cogénération, qui sera majoritaire en 2050. L’étude pronostique également que, en 2050, les PAC aérothermiques et géothermiques représenteront 18% de la production nationale d’énergie hors réseaux (c’est-à-dire en usage direct), contre 7% pour le solaire thermique et 25% pour le bois-énergie.



Pour s'abonner à l'édition complète de ThermPresse - 630 € TTC/an : Cliquez ici


Exemple d'un numéro de ThermPresse : ThermPresse du 19 Juin 2017

Commentaires

Aucun commentaire actuellement, soyez le premier à participer !

LAISSER UN COMMENTAIRE

ABONNEZ-VOUS !
Ce site respecte strictement la réglementation RGPD sur les données personnelles. Pour connaitre et exercer vos droits, vous pouvez consulter notre politique de confidentialité