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Le BEPOS, que va-t-il se passer à très court terme?

18 Septembre 2013

Par Alain Maugard – Président de QUALIBAT

Nous allons aborder toute une série de chroniques et cette rentrée en changeant de dimension. Nous allons passer à l’échelle du BEPOS collectif dans l’ilot, à l’échelle de l’éco-quartier et de la ville durable. Terminons ici l’analyse du BEPOS en tant que bâtiment et marquons les prochaines échéances à très court terme.



De la RT 2012 aux labels BEPOS 2013, 2014 et 2018

Du côté des pouvoirs publics, l’ambition est de lancer des labels qui vont au-delà de la RT 2012 avec l’apparition de labels en l’occurrence les labels HPE et THPE. Le curseur a été mis à 10% de mieux en énergie primaire pour le HPE, et à 20% de mieux pour le THPE ainsi que le renforcement de quelques exigences de moyens par rapport à la RT 2012. Ces labels représentent ainsi une étape de plus vers les bâtiments à énergie positive.

Dans un souci de lisibilité, il est apparu souhaitable de travailler sur une convergence entre le « label réglementaire THPE » présenté par l’administration, et le « label Effinergie+ » de l’association Effinergie. Rappelons-nous que c’est Effinergie qui a lancé le label BBC Effinergie qui a servi de base à l’élaboration de la RT 2012.

C’est encore sous l’égide Effinergie et avec l’acceptation des pouvoirs publics qu’est sorti le premier label BEPOS dénommé « Bepos-effinergie 2013 ». Ce label pilote, à ce jour applicable, s’appuie sur la RT 2012 et le label Effinergie+. Il va plus loin et demande que le bâtiment fasse l’objet d’une évaluation de l’énergie grise et du potentiel d’éco-mobilité.

Ensuite il y aura certainement durant l’année 2014 une mise à jour pour confirmer ce label BEPOS et voir apparaitre un label d’état BEPOS 2014 anticipant ainsi une partie de la future réglementation RT 2020.

Pour 2014, dans le cadre de cette réflexion et évolution vers 2020, il y a encore deux écoles du BEPOS. Il y a ceux qui pensent BEPOS pur et dur d’une manière élitiste et ceux qui pensent BEPOS dégradé et qui visent dès 2014 un grand nombre d’utilisateurs. Cette dernière idée qui n’est pas encore validée aurait  comme objectif  de lancer rapidement un BEPOS de masse qui permettait  aux  industriels de « se roder » pour préparer au plus tôt les solutions techniques de 2018 et 2020.

Enfin est prévu un label commun 2018 pour les bâtiments responsables neufs mais également en rénovation et en exploitation. Seraient analysés les indicateurs de performances spécifiques portant sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, les effets induits sur les ressources et sur les rejets à l’échelle de la planète (énergie, émissions de CO2, production de déchets) ainsi que la qualité des ambiances intérieures (confort d’été, acoustique, qualité de l’air).


Comment sommes-nous organisés pour aller de maintenant à 2020 ?

Quant à la réflexion sur le moyen terme qui va jusqu’à 2020 et au-delà, elle est conduite dans un cadre spécifique du groupe Pelletier « Bâtiment Durable » qui a créé un groupe de travail auquel je participe. Cette initiative n’est pas conduite directement par l’administration. Ce groupe devait s’appeler RT 2020 et s’est rebaptisé de façon volontaire RBR 2020, RBR voulant dire Réglementation du Bâtiment Responsable 2020.

La réflexion est large et ne se limite pas uniquement à la prochaine réglementation thermique 2020 car nous avons pensé qu’à l’horizon 2020 il fallait aller au-delà de la réglementation énergétique même si la loi Grenelle 1 définit  l’ambition énergétique d’être BEPOS en 2020. Nous pensons qu’il fallait qu’il y ait d’autres éléments environnementaux comme l’énergie grise, le recyclage des matériaux, la qualité de l’eau, ainsi que d’autres critères mettant l’individu au premier plan. Nous sortons bien naturellement de la dimension thermique pour aller vers une dimension environnementale, une sorte de super HQE, de la haute qualité environnementale à l’horizon 2020. Ce groupe RPR 2020 est présidé par Christian Cléret - Directeur Général de Poste Immo - et par Bernard Boyer - ancien Président de IOSIS. Nous auditionnons nombres d’acteurs comme EDF GDF Suez, immobilier construction, Vinci, Schneider et autres industriels, urbanistes, architectes, économistes.

Bien évidemment cette réflexion nous est utile pour raisonner BEPOS à l’échelle de la ville et plus généralement pour réfléchir au Bâtiment Responsable 2020 dans une Ville Durable.


Ce qui vous attend pour la prochaine chronique ?

Si la ville appelle la collectivité toute entière, nous verrons lors de la prochaine chronique qu’il existe des étapes intermédiaires avant l’aboutissement de la ville BEPOS. Des étapes où l’avantage du « BEPOS à plusieurs » va se démontrer progressivement et nous montrer la voie du BEPOS collectif.

Alain Maugard


Commentaires

  • dominique
    23/09/2013

    Bonjour, j'ai laissé vendredi dernier un commentaire sur cet article et je ne le vois pas en ligne. A t'il était censuré? si oui pour quelle raison. Au cas où vous ne l'auriez pas reçu, faites le moi savoir et je vous le retournerai. Dominique LOIR-MONGAZON - kephir-environnement

  • dominique
    20/09/2013

    Votre analyse reflète parfaitement la situation réglementaire française avec ses couches qui s’empilent en désordre, sa complexité et ses incohérences. Toutefois pour aller au bout de cette description il faudrait ajouter les dispositifs édictés par certaines instances régionales qui fabriquent des cahiers des charges en piochant dans ceux qui existent déjà et en y rajoutant une petite touche personnelle. D’autre part, bien qu’adhérant complètement à l’intégration d’une dimension environnementale pour tenir compte des engagements pris dans le cadre du plan climat, je reste sceptique quant au futur BEPOS 2014 quand on sait que l'exigence principale du label BEPOS-Effinergie 2013 porte uniquement sur les consommations et la production d’énergie renouvelable et ne tient aucunement compte des matériaux de construction tant sur le plan de l’énergie grise que des émissions de CO2. La voie de la complexité adoptée par la France dans sa réglementation, avec toutes ses modulations aussi diverses que variées, déroute plus d’un bureau d’étude comme le mien. Pour quoi ne pas avoir suivi le modèle passif allemand qui a le mérite d’avoir fait ses preuves et qui tient beaucoup plus compte de la réalité des consommations d’un bâtiment en intégrant par exemple des apports internes liés à l’occupation, au niveau d’équipement et à l’éclairage réel. Quel est le véritable intérêt de mettre une exigence sur l’étanchéité à l’air de 0.6 m³/h/m² sous 4 Pascal alors que la norme PHPP est également de 0.6 mais en vol/h sous 50 Pascal soit un niveau d’exigence environ 4 fois supérieur à la norme française ? Le BEPOS est selon moi une approche plus technologique qu’environnementale. Passer un logement passif en énergie positive ne pose aucun problème en raison des besoins de chaleurs limités à 15 kWh/m².an qui peuvent être couvert par une dizaine de panneaux PV en Alsace pour une maison de 100m². Il est également regrettable que contrairement à l’Allemagne le raccordement de batteries pour augmenter l’autonomie du logement ne soit pas autorisé en France. En guise de conclusion, je ne pense pas qu’une véritable prise en compte de l’environnement dans le bâtiment en France ne voit le jour avant longtemps car la bataille pour de nouveaux outils intégrant des bases matériaux sérieuses comportant des éco-indicateurs va attiser nombre de convoitises. J’en veux pour preuve mon expérience personnelle en la matière avec le logiciel que j’ai développé pour tenir compte de l’ensemble des impacts environnementaux d’un bâtiment et que j’essaye en vain de présenter aux différentes institutions régionales et locales alsacienne s’occupant d’architecture et d’urbanisme ! Dominique LOIR-MONGAZON – Kephir-environnement

  • Philippe
    20/09/2013

    Je pense que le saut du BEPOS individuel et encore plus collectif n'est plus une question de technique. M. Maugard, si vous lisez les commentaires à la fin de vos articles, je vous propose d'intégrer dès à présent des sociologues et autres psychologues au groupe de travail RBR2020. Vous dites que vous voulez mettre l'individu au premier plan alors donnez-vous en les moyens et diminuer la proportion d'ingénieurs et industriels autour de la table. Sincèrement

  • ROBERT
    14/09/2013

    Dans le cadre des résultats du débat sur la transition énergétique, comment a été pris en compte le Bepos? À quelle échelle? Espérons que nos politiques aient saisi le sens de l'avenir et des enjeux du bâtiment et de l'industrie dans la vie économique de la France. Bravo M. Maugard pour votre vision éclairée du Bepos, dites nous en plus et sans retenue.

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