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Transition ..., GIEC, RT2012, une rentrée pleine d’évènements

24 Octobre 2013

Par Bernard Sesolis - Expert Energie Environnement -

Depuis début Septembre, vous avez probablement constaté que les nouvelles sur l’énergie et l’environnement auraient à elles seules pu nourrir quotidiennement les journaux télévisés. Mais le sensationnalisme exacerbé des principaux médias aura, comme d’habitude, minimisé certains faits d’une importance cruciale.

Néanmoins, les informations sont passées et je vais me permettre de vous en rapporter quelques-unes au cas où vous n’auriez pas eu le temps où le loisir de consulter tous ces canaux. La rentrée est toujours une période difficile pour ceux qui travaillent ...

Je vais commencer par deux informations qui ont été plus ou moins sérieusement diffusées et qui mériteraient des niveaux de réflexions différents : la transition énergétique en France présentée lors de la Conférence Environnementale des 20 et 21/09/2013 et le nouveau rapport du GIEC du 27/09/2013. Et je papillonnerai au-dessus de quelques sujets tout aussi intéressants mais qui ont fait moins de vaguelettes.

Transition énergétique française et enjeux mondiaux : la foire d’empoigne

Le discours inaugural de François Hollande le 20/09/2013 à la Conférence Environnementale, puis la synthèse de Jean-Marc Ayrault montrent à quel point la France s’implique dans le changement climatique. Avec un certain courage ou une certaine lucidité par rapport à d’autres décideurs éminemment plus puissants (USA, Chine, Russie, …). Mais aussi avec l’impuissance d’un pays qui se noie dans ses contradictions. Pour rester calme, j’oublierai volontairement le volet « diesel ». Réduire de 30% nos consommations finales en 2030 et les diviser par 2 en 2050 est un objectif timide mais qualifié de réaliste ou pragmatique. Rappelons néanmoins que la ratification du Protocole de Kyoto nous astreint « déjà » à une division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre. L’idée avancée est finalement de ne plus consommer d’énergies fossiles et à maintenir le plus longtemps possible le nucléaire.

D’ailleurs un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix technologiques et scientifiques daté du 11/09/2013 ne préconise-t-il pas de ne ralentir le nucléaire qu’à partir de 2030 jusqu’à le réduire seulement au tiers de ses capacités … vers 2100 ? Cette position laisse songeur surtout quand on la rapproche de celles de producteurs et distributeurs d’énergie européens qui, s’exprimant au Parlement Européen à Strasbourg, constatent l’absence de politique européenne, le retour au charbon pas cher condamnant le gaz naturel devenu trop coûteux et qui préconisent de subventionner les centrales électriques fossiles plutôt que les énergies « vertes » pour garantir un approvisionnement économiquement supportable !

Observons l’Allemagne qui abandonne unilatéralement le nucléaire au profit de sa lignite et du charbon polonais comme maux nécessaires mais provisoires pour sa transition verte. Ou encore la Chine qui veut passer du « tout charbon » à l’hydroélectricité massive. Les stratégies unilatérales de ces deux champions du solaire engendrent déjà des dégâts environnementaux collatéraux vertigineux.  Ajouter la tétanie de Barak Obama devant les lobbies pétroliers et leurs actuelles et futures acquisitions des sociétés exploitant le gaz de schiste, vous obtenez une belle cacophonie mondiale qui oublit le sujet majeur.
Le rapport du GIEC fin Septembre vient de le rappeler cruellement. Les scientifiques compétents semblent de moins en moins indécis et de plus en plus pessimistes sur leurs conclusions. J’invite les lecteurs à prendre connaissance de leur rapport synthétique rédigé à l’usage des décideurs politiques.

Ce document servira de plate-forme pour construire un accord global préalable au Sommet sur le changement climatique de Décembre 2015 à Paris. Il sera moins décevant que celui de Copenhague de 2009, mais on pourra difficilement faire pire …

Une rentrée à boire et à manger

Pour se mettre en appétit, la lecture d’un article du Monde du 12/09/2013 (G.Van Kole) sur le gaspillage alimentaire mondial laisse pantois. Songez que selon un rapport de la FAO du 11/09/2013, les pertes annuelles de produits alimentaires, dont 54% dans la phase production/récolte/stockage et 46% au cours de la distribution et de la préparation, représentent le 1/3 de la production totale et représentent la moitié des émissions totales de gaz à effet de serre des Etats-Unis ou de la Chine !

A ce gâchis, il faut ajouter une perte de 250km3 d’eau/an, 1,4 milliards d’hectares de terres cultivées occupés pour rien et … 750 milliards de $/an qui partent en fumée.

Une sacrée recette à opposer aux 925 millions de personnes souffrant de faim chronique (chiffre 2010) dont 6 millions meurent chaque année.

Vers l’élimination des HFC ?

Au cours de la dernière réunion du G20 le 06/09/2013, une ouverture vers la modification du protocole de Montréal se dessine. Les HFC qui remplacent les CFC et HCFC pour « reboucher » la couche d’ozone ont un pouvoir d’effet de serre plusieurs milliers de fois supérieurs à celui du CO2. Au rythme d’une augmentation de leur production de 10% par an, ces gaz seraient responsables de 20% de l’effet de serre en 2050. Il est donc proposé de remplacer ces gaz d’ici 2030 à 2040. Leur élimination permettrait de réduire de 0,5° la température moyenne globale terrestre en 2100.

Maîtriser le développement de la climatisation contribuerait à contenir la progression de leur production ...

RT 2012, une petite tempête dans un dé à coudre



Au regard des sujets précédents, les nouvelles attaques sur la RT 2012 paraissent bien dérisoires.

Cependant, la question reste sensible dans l’hexagone. Cette fois, c’est la Commission Consultative d’Evaluation des Normes (CCEN) qui a émis un avis défavorable le 12/09/2013 sur la méthode de calcul ! Sont pêle-mêle évoqués la « tyrannie mathématique » et les surcoûts engendrés par l’application de cette règlementation. On peut se demander si ces arguments ne sont pas l’image en filigranes des tensions entre producteurs d’énergie. Deux semaines plus tard, l’association « Sauvons le climat » très teintée par la filière électrique revenait sur la pression règlementaire plus forte subit par le chauffage électrique face à ses concurrents.

Mais un argument de la CCEN moins mathématique et plus juridique concerne la transformation en arrêté de la méthode de calcul qui frise les 1 400 pages. Il faudra probablement tenir compte à terme de cette critique.

Cela occupera nos esprits, donc nous laissera de bonne humeur.

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