Le développement souhaitable : pourquoi changer de nom ?

Dans nos dernières lettres nous avons abondamment parlé du développement durable, tel qu'il est envisagé ici ou là. Il est maintenant temps de faire preuve d'un peu d'esprit critique.

Serait-ce une mise en cause du développement durable ?

Ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas de nier les idées de base prouvant la nécessité d'agir. Il s'agit simplement de savoir si les méthodes choisies, ici ou là, sont les bonnes. Sans entrer encore dans le détail je vous dirai tout de suite qu'après un examen approfondi je pense que les méthodes choisies sont mauvaises. Voici pourquoi.

1. Il faut impérativement ouvrir un dossier complet, ce qui n'est pas le cas dans bien des présentations qui ne connaissent que le "pour" ou que le "contre".

2. Il est surtout indispensable d'examiner séparément chaque cible, ne pas agglomérer le tout : c'est le meilleur moyen, en étant simple, d'être clair et efficace.

C'est ce que je vais maintenant tenter de vous démontrer.

Qu'appelez-vous le "pour" et le "contre" ?

Laissons d'abord de côté les extrémistes : ceux qui nient tout ou ceux qui ne connaissent que la panique et les nouvelles alarmantes. Sous cette réserve :

- Le "pour" c'est tout ce que nous venons de voir dans les lettres précédentes sur le développement durable, tous les messages (ou presque) des médias imprimés ou non, en fait des informations que je suppose que vous connaissez bien.

- Le "contre" ce sont les mouvements circonstanciés qui refusent les démarches précédentes en s'appuyant sur des motifs valables, et nient un grand nombre d'affirmation exagérément alarmistes.

On connaît en général beaucoup moins les messages "contre", sauf par caricature. Si vous voulez en avoir une idée nette et objective vous trouverez des dossiers circonstanciés (et volumineux) dans le livre de Bjorn Lomborg : L'ECOLOGISTE SCEPTIQUE (Le cherche midi éd.). Je ne vais pas reprendre cet ouvrage, mais il prouve bien que la lutte pour le développement durable puisse prendre des formes très différentes de celles que nous connaissons habituellement.

Après une telle entrée en matières, il est évidemment nécessaire de s'expliquer ?

Etant donné le caractère fortement médiatique du thème "effet de serre", chacun sait que les organisations internationales, en l'occurrence l'ONU, ont confié à un groupe de spécialistes du climat, le GIEC, le soin d'étudier les évolutions probables des températures, et leurs conséquences physiques. Tout le travail de ce groupe repose sur l'utilisation de modèles informatiques globaux qui peuvent faire l'objet de discussions quasi-interminables, mais ce n'est pas là le sujet que je veux aborder. Face à cette situation il y a finalement deux choix :
- ou bien faire en sorte que l'effet de serre soit subjugué, ou réduit le plus possible,

- ou bien faire en sorte que nos choix tiennent compte des coûts, car nos ressources ne sont pas illimitées.

Il est bien évident que la deuxième solution est la plus logique. C'est ce qu'un certain nombre d'économistes ont tenté de faire, qui sont cités dans l'ouvrage de Bjorn Lomborg.

Si je comprends bien, cette procédure d'optimisation n'est pas celle qui a été choisie ?

Exactement. Un moment le GIEC avait tenté d'aborder cette optimisation du développement, aboutissant à ce que j'appelle le "développement souhaitable". Or le pouvoir politique a prié le GIEC de ne plus s'occuper du problème d'optimisation. De sorte que cette idée est totalement absente de la majorité des informations écrites ou visuelles, qui ne parlent que de l'effet de serre et des catastrophes qui vont en découler. Jamais du coût des démarches proposées.

Pouvez-vous en donner des exemples ?

Pour le moment je vais me limiter à un seul : le protocole de Kyoto. Sans m'attacher aux positions de tel ou tel gouvernement, simplement en examinant les conséquences prévisibles en supposant que tous les pays développés adhèrent à ce protocole, vous constaterez que l'effet de ces décisions sur la température probable à la fin du siècle est négligeable, pour ne pas dire ridicule. Dans un modèle classique, tel que celui du GIEC, les augmentations de température moyenne en 2100 seraient les suivantes :
- sans Kyoto : 2,1 [K]
- avec Kyoto : 1,9 [K]

Bien entendu les conclusions sont nettes, et vous les connaissez : il faut aller beaucoup plus loin. Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, qu'on commence à voir apparaître des articles titrés " Kyoto la fausse priorité", qui critiquent ces illusions. Bien entendu certains lecteurs de cette lettre imagineront que ma position est rétrograde. Malheureusement c'est probablement le contraire, toutes les sommes à dépenser rien que pour appliquer les mesures de Kyoto aboutissent à des dépenses au premier abord délirantes, 100 à 200 milliards de dollars par an pour la planète !

Le problème qui se pose est donc de savoir s'il n'y a pas lieu de faire autrement : ce sera l'objet de ma prochaine lettre…

Dans ma prochaine lettre, comme je viens de l'indiquer nous allons essayer d'aller plus loin dans le "développement souhaitable".

Roger CADIERGUES


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