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Vers un choix plus raisonné de l’énergétique des bâtiments …

8 Février 2010

La remise en cause de nos habitudes actuelles en matière d’énergétique des bâtiments est plus ou moins inévitable comme ma dernière lettre essayait de le montrer. Il s’agit maintenant, d’en tirer les conclusions, qui ne sont pas du tout aussi négatives que vous pourriez le croire.

Expliquez-vous

Plus on ajoute d’isolation moins c’est rentable énergétiquement. Faut-il en conclure que les fortes isolations sont inutiles : c’est là que se situe l’optimisation, obligatoirement complète et non pas partielle. Je rappelle qu’en fait le véritable objectif est celui de la réduction (ou suppression) des dégagements de gaz à effet de serre. Le bilan doit donc être fait à partir de là, et non d’ailleurs. Supposons par exemple (j’y reviendrai) qu’il s’agit de chauffage électrique. La vraie question sera alors : faut-il pousser l’isolation ou faut-il rendre l’électricité plus «verte». C’est là le vrai problème d’optimisation dont j’ai parlé : il consiste à optimiser l’ensemble, et non pas à traiter de l’isolation seule. Je vais même aller, maintenant, beaucoup plus loin.

Que voulez-vous dire par là ?

Qu’il faut traiter globalement de tous les aspects. Prenons l’exemple de l’électricité : même si elle se développe plus ou moins en chauffage, il n’en restera pas moins qu’elle est un élément important de tous les autres usages, ménagers ou non, d’éclairage par exemple. Rendre l’électricité « plus verte » s’accompagnera, certes, d’une augmentation plus ou moins inévitable du prix de l’électricité, mais le bilan environnemental sera amélioré. Mais, attention : le bilan économique final ne doit pas se limiter à l’isolation et au chauffage, et pour optimiser convenablement il faut inclure tous les usages électriques. J’y ajouterai même, si les tendances actuelles se confirment, les conséquences économiques de l’accroissement des véhicules électriques. Il ne faut pas s’effrayer de ce mélange gigantesque : sur le plan des optimisations – obligatoirement globales – les difficultés ne sont pas du tout aussi importantes qu’il peut y paraître.

N’est-ce pas, pourtant, une tâche quasi-insurmontable ?

Deux réponses à cette question :

    1. il faut mettre de l’ordre dans la production électrique,
    2. la nécessité d’un plan national devient alors claire et inévitable.

Je dis bien « national » et non pas « européen ». Je dis bien également « clair », ce qui oblige à savoir d’où vient l’électricité que vous consommez. Aujourd’hui, quand vous discutez de l’origine de l’électricité que vous utilisez avec un producteur tel qu’EdF, la réponse ne peut pas être valable car ce que vous consommez ne peut être que « tous producteurs », et ne peut pas être attribué valablement à un producteur précis, ceci entraînant :
. une absence intrinsèque d’information valable,
. et surtout un manque crucial d’incitation nationale à l’amélioration environnementale.

Que signifient ces réserves ?

Depuis plus de 30 ans chaque nation européenne a mené sa politique énergétique, et en particulier électrique, selon ses propres principes. Il faut donc régler le problème de production pays par pays. Toute autre disposition conduira à des gaspillages scandaleux. Pour la France adopter ce que je demande devrait induire des décisions simples, même si elles ne plaisent pas à tout le monde. Il s’agirait « tout simplement » :
. de charger le réseau indépendant de distribution de fournir complètement l’électricité aux clients finaux, et – de ce fait - d’être le seul à en discuter les prix aussi bien que les conditions de distribution auprès de la clientèle,
. de faire que ce réseau de distribution achète (et soit le seul dans ce cas) l’électricité aux producteurs, qui n’ont plus alors à intervenir dans les contacts et discussions avec les utilisateurs finaux, mais qui doivent par contre indiquer les caractéristiques environnementales contrôlées de l’électricité qu’ils fournissent.
Au réseau de distribution d’en tirer les conséquences quant à l’énergie primaire du réseau français. Et c’est à ces seules conditions qu’il sera possible de définir la qualité environnementale globale de notre réseau. Et ce, à mon avis, avec l’ambition d’arriver à fournir une électricité « sans effet de serre ». Sans cette solution la France s’enlise dans un développement peu durable.

N’est-ce pas utopique étant donné la multiplicité des productions électriques actuelles ?

Il est certain qu’avec le développement des productions photovoltaïques locales, ou avec la multiplication des parcs éoliens par exemple, le réseau électrique n’est plus monolithique en production, loin de là. Mais ce n’est pas une difficulté nouvelle : il existe une technique pour y répondre, technique que nous examinerons la semaine prochaine.

Roger CADIERGUES


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