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L’électricité dans le futur = EPR ? EPR = Electricité pour Pays Riches ou solution généralisable ?



22 Novembre 2017

Par Bernard Sesolis - Expert Energie Environnement -

L’humeur du mois précédent annonçait une très prochaine humeur sur la saga de l’EPR après s’être questionné sur la nature de la production d’électricité dans les décennies à venir. L’actualité de ce mois de Novembre incite à ne pas attendre plus longtemps pour se pencher à nouveau sur le sujet.

1°) TECV : la reculade pressentie est dorénavant une reculade assumée

On sentait bien que l’exécutif préparait une sortie, non celle du nucléaire, mais celle de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (TECV) promulguée en Août 2015. Et bien c’est fait ! Le 7 Novembre à la sortie du conseil des ministres, Nicolas Hulot, entouré de ses deux secrétaires d’Etat et du porte-parole du gouvernement, tous avec une tête d’enterrement de première classe (1), annonçait que passer de 75 à 50% la part du nucléaire pour produire l’électricité en 2025 serait difficile à réaliser (2) … Et pour faire passer la pilule, il annonçait la fermeture de la centrale de Fessenheim, promise par François Hollande en 2012, et ce, avant la fin du quinquennat. Donc, 10 années pour fermer une seule centrale alors que pour atteindre l’objectif de la TECV, il aurait fallu en fermer 17 entre 2015 et 2025 (3). La fermeture de Fessenheim est quand même assujettie au démarrage de l’EPR de Flamanville …. prévu en 2019 mais il faudra l’arrêter en 2024 pour … changer le couvercle de sa cuve, condition imposée par l’ASN, l’Agence de Sécurité Nucléaire, et qui coûtera au bas mot 100 millions €  (4) …. Je suggère au gouvernement de prévoir pour le prochain quinquennat, de ré-ouvrir Fessenheim à ce moment.

Trêve de badinerie. La décision du gouvernement repose sur une étude de RTE, filiale d’EDF qui gère le réseau public de transport d'électricité haute tension en France. La question posée est pertinente car primordiale : comment sortir du nucléaire sans augmenter les émissions de gaz à effet de serre pour produire de l’électricité ? Plusieurs scénarii ont déjà été imaginés, notamment par des instances d’obédience anti-nucléaire (5). Vous imaginez bien que leurs conclusions sont diamétralement opposées à celles de RTE.

Que dit en substance cette étude sur laquelle repose la décision du gouvernement ? Pour suivre la feuille de route de la TECV, il faudrait à court terme remplacer les tranches nucléaires  abandonnées en maintenant 4 centrales au charbon et en construisant une vingtaine de centrales gaz. Ce faisant, on multiplierait par deux les émissions de CO2. Une sorte de politique à l’allemande. Ou bien alors, il faudra passer de 6 500 éoliennes actuelles à un chiffre compris entre 13 000 et 17 000 tout en faisant passer les 6,7 GW produits par du photovoltaïque à plus de 40 GW. Ce qui, pour ceux qui s’auto-déclarent comme les seuls réalistes, est inenvisageable.

Eventuellement, la concrétisation de la TECV pourrait avoir lieu en 2030 … ou 2035 … Nicolas Hulot est donc convaincu que les études antérieures sur la sortie partielle ou totale du nucléaire en 2050 n’ont aucune pertinence. Seuls à ces yeux, les scénarii proposés par RTE que l’on pourrait résumer caricaturalement par « moins de nucléaire = plus de carbone » l’ont convaincu qu’il fallait faire durer l’uranium  pour une transition douce et réaliste vers une électricité vertueuse.

L’augmentation massive et à court terme du recours aux énergies renouvelables est passée à la trappe. La France, déjà à la traîne en Europe en part d’énergies renouvelables pour l’électricité (16% en 2016), devra y rester.  Le lobby nucléaire a en outre un allié de poids pour freiner le développement des EnR, celui du mille-feuille juridique. Il faut 6 à 8 ans pour implanter une ferme éolienne en France contre 2 à 4 ans ailleurs !

Ailleurs, justement, les choses sont différentes. Mais, Messieurs Macron, Philippe et Hulot tournent la page pour passer à des dossiers plus urgents. Circulez ! Il n’y a plus rien à discuter ! En 2030-2035, ils ne seront plus aux commandes depuis des lustres, EDF sera toujours là.
Mais, nous les remercieront d’avoir opté pour de tels choix stratégiques et nous raillerons les allemands, les italiens, les espagnols, les suisses, les coréens du sud (6) d’avoir tourné le dos à cette énergie si bon marché, si fiable, si facile à entretenir, si peu polluante et socialement si bien adaptée au développement durable et aux pays qui n’en finissent pas d’émerger.

Et puis tiens ! Pourquoi attendre 2030 ? Peut-être que d’ici-là, je serai devenu gâteux. Alors, tant que je suis lucide, mon humeur me pousse à leur dire tout de suite : Merci ! Merci ! Trois fois merci !

Après ce moment d’enthousiasme (6), penchons-nous, … une dernière fois peut-être, sur l’EPR et la situation de la filière nucléaire.


2°) La saga de l’EPR n’est pas un long fleuve tranquille



chantier-epr

Chantier de l’EPR de Flamanville - (source : ASN)


Ce réacteur de 3ème génération se veut être LE réacteur du XXIème siècle. Pour mémoire, les avantages déclarés (7) par rapport à un réacteur de 2ème génération de 1 GWe sont :

  • Consommation d’uranium inférieure de 7 à 15% par MWh produit
  • Production d’actinides à longue durée de vie réduite de 10% par MWh, grâce une meilleure gestion du combustible
  • Production d’électricité maximisée
  • Consommation d’eau limitée grâce à un rendement thermique élevé
  • Possibilité d’utiliser du MOX (mélange d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium) et de l’URE (uranium de retraitement enrichi)
  • Doses collectives reçues inférieures de 30% aux meilleurs résultats moyens sur un an recensés par la WANO (Association mondiale des opérateurs nucléaires)

On constate dans cette liste publique, l’absence de la question de la sûreté. Peut-être n’est-elle pas considérée comme un avantage prioritaire … ou bien est-ce un sujet tabou ! L’EPR a pourtant été vendu aux chinois, aux finlandais, aux indiens et aux anglais, probablement en avançant cet aspect primordial pour toute la planète.
Par ailleurs, ces « avancées » ne répondent pas ou trop peu aux craintes des adversaires déclarés de la filière ou du simple citoyen. Rien parmi ces nouveaux avantages risque de calmer les pourfendeurs des casseurs d’atomes. Au contraire même : par exemple, la possibilité d’utiliser du MOX indique implicitement que les EPR pourraient durer jusqu’à au moins 2100 …. époque où l’uranium aura disparu.

Le premier chantier démarra en 2007 à Flamanville et ce premier EPR devait entrer en service en 2012.  5 ans de plus et 7 milliards € supplémentaires, triplant ainsi l’investissement prévu, n’auront pas suffi : l’EPR n’est toujours qu’un chantier.
En Avril 2015, l’ASN annonça une sérieuse anomalie concernant l’acier du couvercle et du fond de la marmite nucléaire (8). Dès lors, il fallait retarder la livraison de 5 ans.
A ce moment, le carnet de commande se montait à deux EPR en Chine et un EPR en Finlande. Des négociations avec les britanniques concernait deux EPR (9).
Ce carnet de commande nécessitait une consolidation de crédibilité de la filière, surtout que de nouvelles perspectives s’annonçait, notamment avec les indiens pour six nouveaux EPR !
Areva racheta le site de Creusot Forge afin de le mettre à un niveau suffisant aux yeux de l’ASN (10). L’agence se donna jusqu’en Septembre 2017 pour signer le « bon pour service » de la cuve. L’enjeu était crucial pour EDF et pour toute la filière nucléaire. L’EPR de Flamanville était tout seul dans la vitrine. Pas de plan B !

EDF annonçait en 2016 que l’EPR serait bientôt opérationnel (11) et que des investissements étaient destinés en parallèle à développer l’ «EPR NM», NM comme « nouveau modèle », afin de renouveler le parc à partir de 2030. Stratégie totalement à 180° avec la TECV ! D’ailleurs, Jean-Bernard Levy, PDG d’EDF annonçait la couleur dès Septembre 2015, soit un mois après la promulgation de la loi : il ne doutait pas que l’ASN donnerait le feu vert pour le grand carénage permettant de prolonger les réacteurs actuels jusqu’à 50 voire 60 ans de fonctionnement, ces derniers étant remplacés progressivement par des EPR NM à partir de 2030 (12). Le parc de ces EPR pourrait alors atteindre près de 40 unités en 2050.
Ce bras d’honneur de la filière nucléaire à la TECV en 2015 se concrétisa deux ans plus tard par le renoncement du gouvernement à ses promesses électorales. Cette annonce aura pris de court et littéralement bafoué l’ASN qui avait annoncé fin Septembre 2017 qu’elle se laisserait deux ans pour statuer sur la prolongation des plus anciens réacteurs (13).

Entre 2015 et 2017, j’ai suivi dans la presse, en particulier à travers mon quotidien habituel, le feuilleton de l’EPR de Flamanville et ses aléas.
L’ASN a fini par donner son feu vert fin Juin 2017 (4) sur l’installation de la cuve et de son couvercle malgré une conformité non définitivement acquise. Pour ne pas donner l’impression de se coucher devant les intérêts économiques, sous-entendu, avant les exigences de sécurité, l’ASN a demandé à ce que le couvercle soit changé en 2024 et est revenu à la charge sur la calotte perforée pour le passage des barres de contrôle de la réaction nucléaire en imposant un engagement d’EDF à renforcer son contrôle sous peine d’avoir à la remplacer (14).

Ce jeu du chat et de la souris entre EDF et l’ASN cache d’énormes enjeux économiques : des investissements déjà engloutis, les dépenses à venir, et la situation financière plus que fragile pousse EDF à avancer coûte que coûte dans une voie dont personne n’est capable de prouver a sérieusement son bien-fondé économique, social et environnemental.


3°) L’EPR, nouveau produit d’exportation ?

Le carnet de commande concerne quatre pays. Le premier de la liste, l’EPR en Finlande démarré en 2005 n’est pas plus avancé que celui de Flamanville. Comme en Normandie, les coûts sont passés de 3,1 à 9 milliards € (15). Areva aura déjà perdu 10 milliards € en 5 ans suite au litige avec son client TVO très en colère du retard pris par notre fleuron national…

En Chine, ce sont deux EPR situés sur la côte de la mer de Chine méridionale, à 50 km au sud de la ville de Taishan, à 60 km au sud-ouest de Hong Kong et à 150 km au sud de Canton, dans le Guangdong, la province la plus peuplée du pays. La première des deux tranches, dont la construction a commencé en 2009, deviendra le premier EPR dans le monde à fonctionner puisque son démarrage est prévu avant fin 2017, et ce, malgré 6 mois de retard (16). La China General Nuclear Power Corporation (CGN) qui gère ce projet en partenariat avec EDF assure qu’« une évaluation complète du plan de construction technique et des risques » a été réalisée. Mais avec une transparence digne du smog de Pékin.

EDF et la CGN chinois ont conclu un deal complexe où les transferts de technologies et de capitaux ont joué un rôle essentiel dans le projet à Hinkley Point au Royaume Uni. L’enjeu est d’importance pour l’EPR mais aussi pour les chinois qui négociaient 3 tranches nucléaires avec leur technologie sur le site de Bradwell. L’année 2016 aura été à rebondissement : le 28 Juillet, EDF entérinait sa décision de poursuivre le projet des deux EPR à Hinkley Point après avoir déjà dépensé 3 milliards € pour les études préalables, la préparation du terrain, …. 22 milliards ont été prévus pour ce projet, financé pour les 2/3 par EDF et 1/3 par CGN. Le directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, en total désaccord, avait fait ses valises 4 mois plus tôt. Le 29 Juillet, les britanniques se dirent hésitants sur ce projet car ils avaient déjà décidé la fermeture de 14 de leurs 15 réacteurs d’ici 2025 ! (17)  Finalement, après ce vaudeville, les britanniques finirent par décider en Septembre 2016 de maintenir la part d’électricité nucléaire, et le contrat définitif pour Hinkley Point était enfin signé (18). Soulagement pour EDF, CGN, mais aussi pour Toshiba, Hitachi et Engie, autres opérateurs très intéressés par le maintien du nucléaire outre-Manche.
Un an plus tard, l’euphorie était tombée. EDF annonçait que la livraison prévue en 2025 aurait au moins deux ans de retard et que la note subirait un dérapage situé entre 1 et 3 milliards € ! (19). En outre, EDF  s’était engagée à fournir un kWh à 105 € sur 35 ans pour s’y retrouver financièrement avec une rentabilité supérieure à 9%. Les anglais trouvent la note salée (20) et en conséquence, le contexte est à nouveau devenu peu propice à redévelopper du nucléaire. Engie, s’est déjà retiré d’un projet de 3,4 GW.

Un contexte moins morose s’est fait jour avec l’Inde qui, après une dizaine d’années de négociations, vise à commander pas moins de 6 EPR sur le site de Jaïtapur : une puissance totale 9,9 MW pour la bagatelle de 60 milliards €. Mais les riverains du plateau de Madban se sont mobilisés pour s’opposer au projet.

Devant tous ces enjeux, on comprend mieux pourquoi EDF, Areva, et donc le gouvernement qui gouverne à court terme, comme tous les précédents, souhaitent maintenir la filière de l’EPR et à faire fonctionner coûte que coûte Flamanville dont le démarrage est toujours maintenu fin 2018.

reacteur-nucleaire


Nombre de réacteurs nucléaires « opérationnels » par pays, au 16 Mars 2017.
Notons que le parc nucléaire japonais, malgré ses 42 unités « opérationnelles », n'a compté que 2,1% de la production électrique dans ce pays en 2016, en raison de nombreux réacteurs toujours à l'arrêt six ans après l'accident de Fukushima. (©Connaissance des Énergies, d’après données de l’AIEA)


4°) Alors, quelle électricité pour demain ?

Pour la filière nucléaire, le doute n’existe pas. La Société Française de l’Energie Nucléaire (SFEN) claironne 160 projets de centrales nucléaires dans le monde en plus des 70 en construction dont 6 EPR. Et promet que 60% de l’électricité mondiale sera nucléaire en 2040.

La stratégie d’EDF et d’Areva consiste clairement à ce que la France reste massivement dans le nucléaire. Au moins autant qu’actuellement. Si la demande d’électricité venait à augmenter en France, la part des EnR augmenterait sans entamer le marché de l’atome. L’Etat dans l’Etat a réussi à convaincre l’Etat que c’était la seule voie réaliste pour sortir du nucléaire ! Ce très beau numéro de passe-passe traîne cependant deux casseroles :

  • Quid de l’attitude des populations, et des gouvernants à la prochaine catastrophe nucléaire ?
  • Quid de la place de la France sur le marché des EnR si les investissements en R&D et d’aide aux développements des technologies douces restent aussi marginales du fait des efforts consentis pour le nucléaire ?

Bref, pour produire massivement de l’électricité bas carbone d’ici 2050, le nucléaire est-il un bon choix ?

Cette question triviale aurait mérité un réel débat national, ouvert et serein. Nous sommes les seuls à être aussi nucléarisés.  Certains pays ont décidé vraiment de sortir du nucléaire. D’autres, de ne pas y entrer. Sommes-nous les seuls à avoir raison ?  La réponse se résume aujourd’hui à un fait accompli au nom d’un réalisme tout à fait discutable. Mais la discussion semble terminée …. A moins que ….

 

Bernard SESOLIS
Expert Energie Environnement



    (1) Voir la photo en page 13 du Monde du 10 Novembre 2017
    (2) « Nucléaire en France : le recul de Nicolas Hulot », Le Monde, 9 Novembre 2017, Pierre Le Hir, Nabil Wakim
    (3) Selon le Cour des Comptes
    (4) « EPR de Flamanville : la cuve obtient la validation de l’ASN », Le Figaro, 29 Juin 2017, Véronique Le Billion, Anne Faitz
    (5) Réseau « Sortir du nucléaire », Global Chance, mais également l’Ademe
    (6) Pour ceux qui auraient quelques difficultés avec ce que je considère être de l’humour, tout ceci n’est que du second degré
    (7) Site web d’Areva
    (8) « Nouvelle incertitude sur l’EPR de Flamanville », Le Monde, 10 Juin 2015, Jean-Michel Bezat, Pierre Le Hir
    (9) « Vincent de Rivaz, l’homme qui a vendu l’EPR aux britanniques », Le Monde, 31 Octobre 2017, Eric Albert
    (10) « L’avenir du nucléaire français suspendu à l’EPR de Flamanville », Le Monde, 2 et 3 Avril 2017, Jean-Michel Bezat, Pierre Le Hir
    (11) « EDF bien décidé à démarrer l’EPR de Flamanville à la fin 2018 », Le Monde, 18 Novembre 2016, Jean-Michel Bezat
    (12) « EDF veut remplacer le parc nucléaire par des EPR », Le Monde, 25 et 26 Octobre 2015, Jean-Michel Bezat
    (13) « Nucléaire : l’ASN maintient la pression sur EDF », Le Monde, 30 Septembre 2017, Jean-Michel Bezat
    (14) « Le gendarme nucléaire relance les spéculations sur l’EPR normand », Le Monde, 28 Juin 2017, Jean-Michel Bezat, Pierre Le Hir
    (15) « L’EPR finlandais plombe toujours les comptes d’Areva », Le Monde, 27 Février 2016, Jean-Michel Bezat.
    (16) « Nucléaire: le démarrage des EPR de Taishan reporté », Le Figaro.fr avec AFP, 21 Février 2017
    (17) « Tensions sino-britanniques sur Hinkley Point », Le Monde, 31 Juillet 2016, Jean-Michel Bezat
    (18) « La bataille du nucléaire se joue au Royaume Uni », Le Monde 30 Septembre 2016, Eric Albert
    (19) « L’EPR britannique d’EDF déjà sous haute pression », Le Monde, 25 et 26 Juin 2017, Jean Michel Bezat
    (20) Selon le « National Audit Office », le dérapage coûterait 34 milliards € aux anglais (Les Echos, 4 Juillet 2017)
    (21) Chiffres de la SFEN (Société Française de l’Energie Nucléaire)

 


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