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Le nucléaire en question (1)

16 Mai 2011

La presse, qu’elle soit papier ou télévision, a été envahie de textes sur la récente catastrophe nucléaire japonaise de Fukushima. Il peut paraître curieux que nous intervenions sur ce sujet, voici pourquoi.  

Quelles sont donc ces raisons ?

   Il se trouve que je suis intervenu sur le nucléaire plus souvent que vous ne pourriez le penser. Ma première expérience se situe tout à fait à mes débuts professionnels et aux débuts du nucléaire. J’ai eu la chance de travailler à côté de la première pile atomique française, Zoe à Châtillon. Et ce pour la mise au point d’une méthode de mesure du taux de renouvellement d’air. J’y ai appris le calme, et la facilité de travailler en milieu nucléaire avec un minimum de connaissances. Simplement avec respect rigoureux et règles de sécurité. Mais mon expérience ne devait pas s’arrêter là, car je devais retrouver le nucléaire quelques années plus tard. Et ce à l’occasion d’une initiative bizarre.

Laquelle ?

   A cette époque, déjà ancienne, où l’on ne parlait encore que des premières centrales nucléaires de production d’électricité, les responsables des principales entreprises de chauffage se sont, un jour, émus d’une information sérieuse selon laquelle les installations nucléaires de chauffage urbain étaient pour demain. Une réunion fut donc organisée avec le Commissariat à l’Energie Atomique, et je fus chargé de suivre le dossier. Pour ce faire je fus d’abord auditeur libre pendant un an au centre de formation atomique. Apprenant ainsi – bien au-delà des connaissances académiques – ce qui commençait à devenir important : le problème psychologique du nucléaire. Ce n’était pas la fin de mon expérience car de nombreuses années plus tard, j’ai mis en place et organisé des campagnes de mesure systématiques du radon – un gaz « naturel » radioactif - et ce dans différentes régions de France. J’ai alors pu retrouver les aspects psychologiques du sujet.

Que voulez-vous dire ?

   J’ai rencontré deux « mondes » lors de la mise en place de cette campagne de mesure du radon. Le premier monde fut celui des autorités régionales, les préfets en général. Un monde ayant une position très défavorable sur notre initiative, créant même parfois des obstacles matériels sérieux. Et ce par peur des conséquences touristiques locales. Le second monde rencontré fut celui du CEA, qui – après quelques hésitations – nous aida fortement dans la campagne, surtout pour les mesures qui sont extrêmement délicates. C’est ainsi que nous avons pu dresser une première carte française du radon rendue publique. Et ce sans souci de panique, uniquement avec le souci d’informer et d’indiquer les précautions éventuelles à prendre. Depuis lors j’ai assisté avec calme, et sans faire état du passé, aux discussions publiques sur le nucléaire. J’y reviens maintenant.

En quoi tout cela peut-il concerner les centrales nucléaires qui semblent faire tellement peur ?

   J’y viens, ayant été profondément choqué par la mauvaise gestion des informations par les responsables de la centrale de Fukushima. Et par le mauvais traitement du sujet par les journalistes.

Peut-on simplifier valablement ce qu’il faut en penser ?

   J’en suis persuadé, mais c’est une opinion basée sur un raisonnement personnel, datant de ma période d’étude du chauffage urbain nucléaire. Je distingue quatre niveaux de risques, qui ne sont pas du tout équivalents et qui permettent de mieux classer les mesures à prendre.

Quels sont ces niveaux ?

   Bien qu’on puisse en parler simplement, il nous faut prendre un peu de temps pour l’expliquer : je vous propose donc d’y revenir la semaine prochaine.

Roger CADIERGUES


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