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Maintenance de la ventilation et qualité de l'air intérieur des logements


Le 17 Septembre 2018

Par Grégoire Noble - Journaliste scientifique


MAINTENANCE - Même si l'impact de la qualité de l'air intérieur est avéré sur la santé, les Français ne semblent pas beaucoup s'inquiéter de l'entretien de leurs systèmes de ventilation.
Le Synasav (Syndicat National de la Maintenance et des Services en Efficacité Energétique) formule donc des propositions pour améliorer cette situation et jouer les intermédiaires entre professionnels de l'efficacité énergétique et grand public.



ventilation-vmc

L'interaction entre renouvellement de l'air et qualité de l'air intérieur semble évidente. Pourtant, cette problématique est encore relativement ignorée des Français qui sont davantage informés sur les pics de pollution atmosphérique. Pourtant, selon les chiffres de l'Anses, du CSTB et de l'OQAI, la qualité de l'air dans les logements aurait un véritable coût sociétal de l'ordre de 20 Mrds € par an, avec la recrudescence de pathologies comme l'asthme (multiplié par 4 en 30 ans) ou les allergies, et pas moins de 20 000 décès par an qui seraient directement liés. Pire, l'augmentation de l'étanchéité des habitations provoquerait un phénomène de confinement qui aggraverait les choses, que ce soit au point de vue de l'humidité ou de la concentration des polluants. Afin d'y voir plus clair, le Synasav (syndicat national de la maintenance et des services d'efficacité énergétique) a donc mené une enquête (avec BVA) auprès de la population*.


Tant que le système marche, pas d'intervention dessus

Premier enseignement, le sujet de la qualité de l'air est globalement peu préoccupant, puisque les Français ont un ressenti plutôt positif, surtout dans les maisons récentes. "Dans l'esprit des gens, il n'y a pas péril", analyse Régis Olagne, de l'institut de sondage. "Les Français déclarent aérer leurs logements, c'est une pratique ancrée dans les habitudes. Mais lorsqu'on leur pose des questions plus précises, leurs connaissances apparaissent inexactes et limitées". D'où un grand besoin d'information. Pour l'obtenir, les personnes interrogées se tourneraient préférentiellement vers le monde de la santé (72 % de confiance) ou vers des organismes publics (plus de 50 % de confiance). Ils seraient en revanche beaucoup moins enclins à s'adresser à des professionnels (40% pour les artisans et organisations professionnelles et même seulement 26 % pour des fabricants) soupçonnés de faire la promotion de leurs services ou produits.

Comme les Français estiment que les systèmes dont ils disposent dans leur logement (extracteurs d'air, VMC simple ou double flux, …) sont généralement satisfaisants (84%). Les rares désagréments sont liés au bruit de fonctionnement, à la sensation de courant d'air ou à des pertes de chaleur. Plus exceptionnel encore, certains relatent l'apparition d'humidité ou de moisissures. Mais, tant que la ventilation fonctionne, les consommateurs sont peu incités à contrôler l'installation … Régis Olagne ajoute : "Il y a peu d'entretien : seuls 57% déclarent entretenir leur système de ventilation dont la moitié le font eux-mêmes. Un tiers le font faire par un professionnel". Les sondés déclarent se tourner en priorité vers les chauffagistes (12 %), devant les électriciens (8 %) ou les entreprises multi-services (7%) et les plombiers (5%). "Les consommateurs ont besoin d'avoir confiance", poursuit l'analyste de BVA. La marge de progression pour arriver à un entretien régulier des installations est donc énorme.


Inciter à l'entretien des systèmes de ventilation

Le Synasav propose pour y parvenir, des actions de deux types.
Tout d'abord communiquer dans les médias professionnels et grand public afin d'attirer l'attention des Français sur la qualité de l'air intérieur. Le syndicat imagine se tourner également vers les syndics de copropriétés, promoteurs, bailleurs, CMIstes,
Roland Bouquet, administrateur du Synasav, précise : "Auprès des pouvoirs publics et des institutionnels, il faudra profiter du renouvellement du 4e Plan national Santé Environnement pour inclure la qualité de l'air intérieur comme enjeu". D'autre part, l'organisation professionnelle entend publier un guide pratique sur la ventilation qui sera disponible sur son site Internet. La filière, encore trop peu organisée, pourrait également proposer la création d'une offre de "Diagnostic ventilation" par exemple associée à la visite d'entretien de la chaudière des ménages. Elle imagine aussi la création de contrats d'entretien Afnor spécifiques. Enfin, elle prône le développement par les industriels d'outils de mesure de la qualité de l'air intérieur à destination des particuliers.

Du côté de la formation des entreprises et artisans, le Synasav souhaite l'extension de la qualification "Maintenance des systèmes de ventilation" avec la création d'un module dédié et le passage de tests en e-learning. Pour les systèmes, les professionnels recommanderont l'installation de matériels de qualité et encourageront les fabricants d'appareils à inciter les utilisateurs à bien faire leur entretien. Patrick Carré, le président du syndicat conclut : "Il reste beaucoup de choses à faire, que ce soit pour l'entretien des gaines, des bouches d'aération, des extracteurs,… Un vrai travail à mener".


* l'enquête Synasav-BVA a été menée par questionnaire en ligne, auprès d'un échantillon représentatif de plus de 2 000 personnes, au mois de Mai 2018.

 

LIEN & SOURCE :

Synasav : Syndicat National de la Maintenance et des Services en Efficacité Energétique

synasav.fr





Grégoire Noble

À PROPOS DE L'AUTEUR



Grégoire NOBLE
Journaliste scientifique, spécialisé depuis plus de 10 ans dans l'innovation technologique et la transition énergétique




Commentaires

  • Claude
    23/10/2018

    Bonjour problème récurrent et pas nouveau. quand passerons nous du constat à la solution. En france il y a 15 millions de climatiseurs en fonctionnement, hors matériel industriel, il s'en installe 500 mille par an et 95 % des appareils en fonctionnement sont insalubres. Corrélation facile à faire de l'incidence de la santé sur le public, augmentation de l'asthme, des allergies, QAI dégradé, etc. etc. L'ensemble des organismes sont très fort pour faire des enquêtes mais à quand la recherche de solutions? elle existe, j'ai déjà communiqué sur XPAIR il y a des années mais rien n'a bougé A votre service pour de plus amples informations C Ballion

  • Philippe
    18/09/2018

    test pour voir si Grégoire le reçoit?

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