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Transition électrique : l’affadissement annoncé se confirme

23 Avril 2015

Par Bernard Sesolis - Expert Energie Environnement -

L’humeur du mois d’Avril aurait pu s’apparenter à un coup de sang !


La colère étant mauvaise conseillère, je me suis juste astreint à rassembler quelques éléments qui, je l’espère, permettront d’alimenter vos réflexions. Tout est parti d’un article du Monde du 11 Avril évoquant une étude réalisée à la demande de l’Ademe, intégralement accessible via le site Médiapart, étude qui devait être présentée au cours d’un colloque sur le mix énergétique les 14 et 15 Avril à Paris. Finalement, elle est passée à la trappe après que le directeur général délégué, Fabrice Boissier, a expliqué lors d’une conférence de presse que ce travail est à vocation « scientifique et technique » et « n’a pas la vocation à documenter une politique énergétique », qu’il fallait en repousser la sortie, « une affaire de quelques mois » et que « des hypothèses (étaient) à retravailler ».


Pas de quoi s’émouvoir donc… sauf que la loi sur la transition énergétique en cours d’examen prévoit un mix électrique où le nucléaire serait réduit à 50% dès 2025 et les énergies renouvelables (EnR) passeraient à 40% en 2030… alors que l’étude évoque une électricité 100% issue des EnR en 2050 !


Ce grand écart rappelle que ce projet de loi, s’il marque bien une volonté politique de passer à certains actes, reste néanmoins bien timoré par rapport à la question énergétique au regard des urgences imposées par le changement climatique. Et parmi les sujets absents, la cogénération est emblématique. Revenons y donc …


1°) L’électricité, une énergie complètement renouvelable ?

L’étude de l’Ademe qui devait être présentée aboutit à deux principaux résultats (1) :


  • Le potentiel français en EnR, toutes sources confondues, seraient de 1 268 TWh, soit 3 fois la consommation de l’Hexagone envisagée en 2050. L’électricité représenterait le ¼ du total consommé. Le mix électrique pourrait être à 100% d’EnR avec la répartition suivante : 63% pour l’éolien, 17% pour le solaire, 13% pour l’hydraulique et 7% pour la thermique.

  • Pour gérer l’intermittence des EnR, il faudrait une puissance de 196 GW, soit 55% de plus que la puissance du parc actuel. Cela signifie qu’il faut adapter les réseaux, investir massivement en R&D sur le stockage. L’étude estime que le coût de la production / distribution passerait de 91 €/MWh à 119 €/MWh soit une augmentation de 31% ... Mais le mix prévu par la loi aboutirait à 117 €/MWh à cause principalement de la croissance inéluctable des coûts d’entretien du nucléaire (29 des 58 centrales auront atteint les 40 ans entre 2019 et 2025) pendant que le coût des EnR baissera.

Tous ces chiffres sont à considérer avec prudence. Ils ont cependant le mérite de secouer le cocotier et de faire réfléchir. Mais, comme tout semble maintenant réduit à un échange poli entre le Sénat et l’Assemblée Nationale qui aura de toute manière le dernier mot, tout ce qui gêne où qui pourrait retarder la sortie de la loi en mettant en cause quelques grandes lignes est proscrit … Il faut avancer… Tout progrès est bon à prendre … Il nous faut cette loi avant le COP21. Le calendrier et le « réalisme »  politique sont les croque-morts de cette étude.


Décidemment, nous aimons bien les enterrements ! Songeons à l’étude mort-née réalisée il y a environ 6 ou 7 ans par RTE sur l’équivalence CO2 de l’électricité en France (selon une approche dite « marginale », le kWh électrique équivaudrait à 600g de CO2 et non à 180g en période d’hiver, valeur utilisée dans le DPE).


2°) Une électricité 100% verte : une idée d’écolo attardé ?

L’idée est dérangeante, surtout dans le seul pays de la planète où le nucléaire représente 75% de la production d’électricité. Mais en extrapolant linéairement la loi de transition énergétique, on atteindrait 0% de nucléaire dès 2045. Pas de contradiction flagrante donc … mais ce ne sont que des chiffres diront les plus sceptiques. Et ce modèle n’a aucun réalisme industriel ou économique diront les « responsables ».


Pourtant, E.ON, le plus gros des 4 producteurs d’électricité allemands a déjà viré sa cuti. Certes, le modèle énergétique d’outre-Rhin est assez chaotique et peu européen. N’empêche que cette grosse société pleine de « responsables » (60 000 salariés) a décidé de se défaire de la production d’électricité via le charbon et le gaz, du négoce d’énergie et de l’exploration d’énergies fossiles pour se consacrer uniquement au développement d’une électricité 100% EnR (2).
E.ON va investir 5 milliards d’euros en 2015 pour développer l’éolien, le photovoltaïque et les smart grids, notamment en Europe, en Turquie, Brésil et Russie. Une nouvelle structure (20 000 salariés) reprendra toutes les activités classiques et sera mise en bourse cette année. Tout ce qui n’entrera pas dans le schéma « tout EnR » sera cédé à terme.


Ce modèle n’est pas basé sur la conversion à l’écologie de leurs dirigeants. Le déclencheur aura été Fukushima et le vote allemand en 2011 décidant de sortir complètement du nucléaire dès 2022, avec les conséquences que l’on connait sur l’utilisation du charbon et de la lignite. La peur du nucléaire l’a emporté sur les exigences liées au changement climatique. Mais, parallèlement, il a été décidé que l’électricité serait produite à 80% par des EnR d’ici 7 ans !


Par ailleurs, les subventions pour les EnR considérées comme prioritaires ont induit une surcapacité des centrales gaz et charbon et ont du coup largement réduit leur rentabilité. Bien que E.ON ait un CA de 122 milliards €, son bénéfice net s’est vu réduit de 46% en 2013 soit tout de même encore 2 milliards € …mais avec un endettement de 31 milliards €. Comme on peut le constater, E.ON n’a pas le profil de l’écolo alternatif !


De ce côté justement, des expériences associatives vers l’électricité verte ont vu le jour en Allemagne après Tchernobyl comme par exemple la coopérative EWS d’Ursula Sladek en Bade-Wütenberg citée dans cette rubrique (3). Il est certain qu’une expérience de ce genre aurait été impossible en France, essentiellement pour des raisons juridiques, EDF ayant le monopole de rachat de l’électricité produite.


Une électricité 100% d’origine renouvelable n’est donc pas une utopie. C’est une option possible qu’il faudra tôt ou tard mettre sur la table. Le plus tôt sera le mieux. Seule, une volonté politique au plus haut niveau pourra enclencher cette réflexion.


3°) La « smart electricity », une urgence toujours placardisée

Si je dis : « électricité intelligente », cela n’intéressera personne. Mais si j’ose le terme « smart electricity », cela fait plus sérieux, plus dans le coup !


Tout devient smart, les logements, les voitures, les bâtiments, les téléphones, les montres, les brosses à dents, les grids diraient ceux qui ne connaissent pas le terme « réseaux », bref, nous nageons dans la smartitude.


Même les consommateurs pourront devenir intelligents, notamment grâce aux compteurs communicants Linky. C’est une véritable avancée (ceci est au 1er degré). EDF vient de mettre en place un service, e.quilibre, qui permet de suivre les consommations mensuelles en kWh et en € de chaque appareil (4). Une première expérience a porté sur 20 000 logements et aurait engendré une réduction de la facture de l’ordre de 5%.


Par ailleurs, Ségolène Royal et Emmanuel Macron veulent accélérer le déploiement des smart-grids. Un appel à projets a été lancé le 15 Avril 2015 (5).


Bref, l’intelligence de la consommation électrique est cultivée sous tous les aspects. C’est très vertueux. Mais, en amont, à la production, que se passe-t-il ? Rien ! Circulez, il n’y a rien à voir. Ou plutôt si : 85% de la production d’électricité est thermique, et comme le principe de Carnot est têtu, il faut toujours environ 3 kWh d’énergie fossile ou nucléaire pour produire 1 kWh d’électricité.


Que deviennent les 2 kWh de chaleur produite ?


Rien, hormis chauffer les poissons et les oiseaux. Mais pourquoi ne récupère-t-on pas cette quantité phénoménale de chaleur comme dans n’importe quel système de cogénération ? Pourquoi parmi les 432 réacteurs nucléaires dans le monde, seulement 74 récupèrent une partie de cette chaleur (la question est la même pour les centrales thermiques classiques) ? Pourquoi en France, ce ratio est quasi nul ?


Ces questions déjà évoquées par votre serviteur (6) ne sont même pas abordées dans le projet de loi de la transition énergétique.


Excusez du peu, mais il s’agit là d’une gabegie énergétique astronomique. Songez que la production d’électricité annuelle d’origine thermique en France est de l’ordre de 425 TWh. Ce qui correspond à un rejet de chaleur inexploitée de l’ordre de 850 TWh  qui pourraient, moyennant quelques adaptations techniques, alimenter des réseaux de chaleur et récupérer ainsi une bonne partie de ces rejets pour chauffer des villes, alimenter des sites industriels qui pourraient utiliser une énergie à bas coût, donc créer des marges, des emplois, etc …


Imaginez qu’avant de devenir intelligent en aval, à la consommation, on devienne moins bête en amont, à la production !


On mesure la différence d’échelle des 5% d’économie sur les factures observées par EDF avec son e.quilibre et les économies qui pourraient être réalisées avec la cogénération en amont.


4°) Que peuvent faire les acteurs du bâtiment ?

Tous les acteurs du bâtiment se mobilisent pour construire à énergie positive dès 2020, à mutualiser la production d’électricité sur les bâtiments, à prendre en compte de plus en plus de critères environnementaux. Tout cela est formidablement exaltant. Nous avons l’impression d’agir efficacement pour diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 35 ans. Mais les chiffres nous rattrapent. Nous pouvons constater avec amertume que nous travaillons d’arrache-pied … à la marge.


En outre, l’utilisation du photovoltaïque est largement surévaluée grâce au coefficient 2,58, image de la médiocrité du niveau de performance de notre production d’électricité d’origine thermique. Les déchets nucléaires au service du photovoltaïque ! Une belle photo de famille ...


En amont, les institutions, les lobbies, les industriels, les politiques du monde de la production d’électricité sont dans le déni. Le jeu d’acteurs actuel est cristallisé, congelé, et il ne répond pas aux nécessités actuelles et futures.


Eh bien, finalement, je suis de méchante humeur quand je me demande pourquoi on enterre des études gênant qu’une minorité de « responsables ». Pourquoi n’examine-t-on pas sérieusement le potentiel de récupération de chaleur issue de toutes les centrales thermiques de l’Hexagone ?


Ou, pourquoi nous cache-t-on ces études (j’ai la conviction que ce travail a été réalisé depuis longtemps) ?


Si le jeu d’acteurs n’est plus le bon, il faut conserver les compétences, mais changer de scénario. La loi de transition énergétique est encore un roman à l’eau de rose. Nous avons besoin d’une épopée. Et TOUS les acteurs du bâtiment devraient rappeler, à qui de droit, que leur secteur est le premier concerné par l’électricité.


  • (1) « La possibilité d’une électricité 100% verte » - Le Monde 11 Avril 2015 - Pierre Le Hir
  • (2) « E.ON se recentre sur les énergies renouvelables » - Le Monde  2 Décembre 2014 - Blandine Milcent
  • (3)  Billet d’humeur de B.Sesolis  X-pair - Juin 2014
  • (4) « EDF veut traquer les équipements électriques énergivores » - BatiActu - 1er Avril 2015 - C.Chachi Bechkri
  • (5) « Un appel à projet pour les réseaux électriques intelligents » - BatiActu - 14 Avril 2015 - C.Chachi Bechkri
  • (6)  Billet d’humeur de B.Sesolis, X-pair - Novembre 2013.
  • Bernard Sesolis
    bernard.sesolis(at)gmail.com

    Téléchargez l'étude ADEME : Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050 - 119 pages

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    Sources :



    Commentaires

    • David Petitjean
      19/05/2015

      D'accord pour la cogeneration du parc thermique, les technologies existent, sont efficaces et cela permettrait d'eviter d'utiliser l'electricite pour le chauffage, ce qui est une aberration dans un parc nucleaire tel que celui de la France. Par contre restons un petit peu serieux concernant le contenu carbone de l'electricite en France en periode d'hiver. Le probleme n'est pas le nucleaire mais le fait que l'on fait tourner des centrales a charbon durant les pointes energetiques, probleme qui serait largement resolu avec une cogeneration sur parc nucleaire avec une concentration de la consommation de bois en hiver. Avec une isolation massive des batiments, le pic hivernal va devenir marginal de toute facon. Concernant le fait de taper encore et toujours sur le nucleaire alors que le changement climatique est bien plus redoutable, il serait bon de rappeler que le risque d'un tsunami/seisme de magnitude 8+ est quasi inexistant en France, que le contenu carbone de la production photovoltaique est superieure a celle du nucleaire et que la desindexation de la croissance economique est tres tres lente. Il faut commencer a faire un choix de moyen terme entre etre anti-atome et anti-changement climatique. L'Allemagne a depense des milliards en renouvelable et je m'interroge fortement sur la quantite d'acier et de metaux rares necessaires pour construire toutes les eoliennes& photovoltaiques. Bilan d'energie grise et d'epuisement des ressources quelqu'un?

    • Xavier
      29/04/2015

      L'étude de l'Ademe est bien en dessous des potentialités en ce qui concerne le solaire. Comme l'on sait, l'Agence internationale de l'énergie estime que le solaire (PV et CSP) pourrait être la première source de production d'électricité dans le monde en 2050. Pourtant, elle a toujours sous estimé les énergies renouvelables. En France, compte tenu du potentiel de baisse des coûts, il est possible d'installer 260 GW de photovoltaïque sur 10% des surfaces de toitures et 20% des surfaces de parking et de friches (circulations comprises), ce qui conduirait à une production annuelle de 280-290 TWh dans le cas d'une répartition uniforme sur tout le territoire. http://energeia.voila.net/renouv/eolien_solaire_surface.htm Car une erreur commise par l'Ademe est de concentrer aussi bien le solaire que l'éolien aux seuls endroits de le plus fort potentiel. Mais la moitié nord du pays peut être en plein soleil et la moitié sud sous la pluie alors que le solaire doit continuer d'apporter une bonne part de production. La cogénération en biomasse solide la moitié froide de l'année a de quoi se fournir en exploitant mieux la forêt, et en développant les peupleraies et les taillis à courte rotation là où c'est possible. Les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) sont plutôt destinées à la méthanisation.

    • Philippe
      27/04/2015

      Merci pour ce coup de gueule rafraîchissant.... J'adhère à 100%

    • Didier
      24/04/2015

      Eh bien voilà une analyse frappée au coin du bon sens Les smart grids sont devant nous C'est simple comme une gestion de "bon père de famille" Ça parle aux consommateurs Qui s'impliquent intimement dans le process Et se sentent pleinement responsables Plutôt que de se prendre la tête sur des modes de production . ..

    • Xavier
      24/04/2015

      L'étude de l'Ademe est bien en dessous des potentialités en ce qui concerne le solaire. Comme l'on sait, l'Agence internationale de l'énergie estime que le solaire (PV et CSP) pourrait être la première source de production d'électricité dans le monde en 2050. Pourtant, elle a toujours sous estimé les énergies renouvelables. En France, compte tenu du potentiel de baisse des coûts, il est possible d'installer 260 GW de photovoltaïque sur 10% des surfaces de toitures et 20% des surfaces de parking et de friches (circulations comprises), ce qui conduirait à une production annuelle de 280-290 TWh dans le cas d'une répartition uniforme sur tout le territoire. http://energeia.voila.net/renouv/eolien_solaire_surface.htm Car une erreur commise par l'Ademe est de concentrer aussi bien le solaire que l'éolien aux seuls endroits de le plus fort potentiel. Mais la moitié nord du pays peut être en plein soleil et la moitié sud sous la pluie alors que le solaire doit continuer d'apporter une bonne part de production. La cogénération en biomasse solide la moitié froide de l'année a de quoi se fournir en exploitant mieux la forêt, et en développant les peupleraies et les taillis à courte rotation là où c'est possible. Les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) sont plutôt destinées à la méthanisation.

    • Xavier
      24/04/2015

      Vous méconnaissez la réalité de la production d'électricité en Allemagne. Par exemple, la petite augmentation dans l'utilisation du charbon et du lignite en 2012 et 2013 ne faisait que compenser une moindre utilisation du gaz, pour des raisons de coût. Comme un peu partout en Europe et particulièrement en Grande-Bretagne qui a vu sa production d'électricité au charbon augmenter de 32%, passant de 108 TWh en 2011 à 143 TWh en 2012, tandis que celle du gaz diminuait de 146 TWh en 2011 à 100 TWh en 2012. Pour l'Allemagne, les données précises sont ici : http://energeia.voila.net/electri2/allemagne_nucle_charbon.htm Entre 2010 et 2014, la production nucléaire a diminué de 141 à 97 TWh (-44 TWh) alors que celle au charbon et au lignite n'a augmenté que de 3 TWh. La production à base de gaz et pétrole a aussi diminué, de 35 TWh. Mais les énergies renouvelables ont fortement augmenté, de 105 TWh en 2010 à 157 TWh en 2014 (+52 TWh). Par ailleurs, il n'a pas été décidé de produire 80% d'électricité par les énergies renouvelables "d'ici 7 ans" mais en 2050, dans 35 ans.

    • frederic
      23/04/2015

      Même si je pense que la cogénération est réellement une voie d'avenir, les réseaux de chaleur ne sont envisageables qu'avec un habitat très dense (des réseaux de chaleur d'origine nucléaire alimentant paris sont difficilement envisageables) Cependant le réseau électrique couvre déjà tout le territoire, il semble évident que dans les zones d'habitat peu dense la cogénération doit être locale ou très locale. La cogénération domestique est une autre option. Les micro cogénération à moteur stirling semblent avoir du mal à sortir de la phase proto. Les piles à combustible semblent prometteuses. Je pense personnellement qu'il existe d'autres voies, la cogeneration par effet seebeck, utilisée de longue date pour des applications de niche pourrait être systématiquement appliquée sur les poêles à bois. Des puissances de l'ordre de 200 watts électriques pourraient être facilement obtenues sur des poêles de 10 kw thermique. Cela permettrait d'avoir une production électrique renouvelable non négligeable aux moments ou la demande en électricité est très importante fred

    • claude
      23/04/2015

      Merci pour l'humeur de ce billet, pour une fois que nous avons des conseils "éclairés" et "éclairants", à nous de jouer, n'attendons pas que ce soit les autres qui se bougent.

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