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Le bâtiment vers un nouvel âge plus difficile que prévu (4)…

5 Novembre 2012

Depuis quelques années le bâtiment subit de profondes réformes, présentées un peu partout comme un très grand progrès. Malheureusement cet enthousiasme ne va pas sans quelques problèmes : nous en avons analysé quelques-uns les semaines dernières, mais le principal reste celui du surcoût, sur lequel il convient d’être plus objectif et moins négligent.

Quels sont donc les compléments que vous souhaitez apporter ?

Je veux, simplement, d’abord apporter quelques propositions complémentaires, recueillies ici ou là.

Lesquelles ?

La plupart privilégient l’enveloppe, par exemple : le triple vitrage n’a de sens que dans les pays du nord. Mais on peut également retenir un certain nombre de positions, déjà plus contestées, concernant les équipements. En voici quelques unes :
. Dans l’habitat l’hygroréglable est, en France, favorisé : il est peut-être bon marché, n’est peut-être pas toujours  économe en énergie, et peut – au moins dans certains cas – se révéler inefficace sur le plan de la qualité de l’air intérieur ;
. En ventilation encore le double flux n’est pas excessivement cher - hors entretien du moins. Bien qu’il soit logique et efficace dans le tertiaire ce n’est probablement pas le cas en habitat ;
. Les chauffe-eau thermodynamiques sont trop coûteux, par exemple le chauffe-eau thermodynamique est plus coûteux que le chauffe-eau solaire, mais ce dernier risque de n’avoir pas de sens dans un bâtiment inutilisé l’été ;
. Il faut, manifestement aller vers des circulateurs basse consommation (en fait c’est un problème général pour tous les moteurs), mais les progrès sont trop lents.
En fait tous les « progrès » apparents sont plus ou moins mobilisés pour des labels plus – parfois – que pour des réalités.

De quels labels voulez-vous parler ?

Il y a, en la matière, trop de confusions et d’instabilités. Par exemple le label BBC-Effinergie,  où ce sera  à dater du 1er Avril 2014 que le ratio de consommation d’énergie primaire passera à 40 kWh/m².an pour les cinq usages (chauffage et rafraîchissement, eau chaude, ventilation, éclairage, auxiliaires). En excluant toute production locale d électricité.

Vous ne parlez pas de la perméabilité à l’air ?

Je ne le néglige pas pour autant, mais je suis très réservé sur l’usage actuel qui en est fait. J’ai, en 1950, repris une étude sur ce sujet menée par Jeanne Mouret (hélas interrompue dans ce travail par déportation mortelle au cours de 1944). J’ai pu, alors, fournir près d’une centaine des valeurs chiffrées publiées dans un article publié par l’Institut Technique du Bâtiment. Les fabricants de menuiserie bois et de menuiserie métallique m’ont alors demandé de leur proposer un classement des fenêtres selon leur étanchéité, ce qui fut fait et dura plusieurs décennies. J’ai pu alors constater qu’on évitait les fenêtres de très mauvaise qualité, mais aussi que – dans les autres – les valeurs initiales de perméabilité se perdaient avec le temps, parfois assez fortement. Je suis donc resté circonspect sur ces tests à neuf qui – à mon avis – n’ont pas besoin d’être aussi sévères que le sont, par exemple, les nouvelles obligations BBC (le seuil de perméabilité à l’air, en collectif, passe à 0,8 m3/h.m²), mais je reconnais qu’il faut tenter quelque chose. Sans aller aussi loin que le label BBC dont je viens de parler.

Peut-on, de toute façon,  dépasser les données empiriques ?

C’est important, en particulier, pour les coûts, mais c’est très difficile. Dans cette optique l’initiative qui me parait la plus intéressante est celle de Christian Cardonnel avec l’introduction du concept de « pertinence » définie de la manière suivante : « la pertinence économique c’est la différence de coût, en euros, entre la solution que l’on envisage et celle que l’on a prise comme référence, valeur que l’on divise par la différence de performance entre ces deux solutions … ». Je suis incapable de dire si ce concept sera finalement généralisé, mais il montre bien la prise de conscience du sujet. Malheureusement cela ne rendra pas, pour autant, valables les règles RT2012 … et a fortiori RT2020.

Que voulez-vous dire par là ?

C’est un peu trop long à s’expliquer, et j’y reviendrai ultérieurement, une fois que nous en aurons terminé avec les garanties de performance énergétique.

Roger CADIERGUES


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